À la recherche de formes fécondes de coopération scientifique et d’une « relation de recherche » avec les acteurs sociaux

Trouver des formes efficaces de travail coopératif entre chercheurs et entre disciplines et parvenir à une posture féconde de recherche avec les acteurs sociaux ont été deux préoccupations qui ont structuré les responsabilités que j’ai assurées, à côté des activités de direction et de valorisation de la recherche plus classiques, dont on trouvera une simple liste aux section 7 et 8.

À l’OREAM Lyon-St Etienne-Grenoble, j’ai eu à élaborer un programme d’études et de recherches sociologiques dans le cadre de l’élaboration du plan d’aménagement de l’aire métropolitaine et de suivre la réalisation des enquêtes confiées à des centres de recherche extérieurs. En Algérie, j’ai eu à constituer et conduire une équipe de sociologues (coopérants et algériens) pour réaliser deux enquêtes par questionnaire: l’une sur les changements de résidence et d’activité de la population active de quatre villes (Constantine, Annaba, Skikda, Batna), et l’autre sur le logement et l’économie des ménages de la population algéroise. Au Centre de Sociologie Urbaine, j’ai assumé depuis mon entrée en 1970, la responsabilité scientifique des recherches par contrat que j’ai eu à mener avec d’autres chercheurs du Centre ou avec des chercheurs extérieurs, pour le compte de la DATAR, la DGRST, le Ministère de l’Equipement, le Ministère des Transports, le Ministère de la Recherche, la SNCF, le PIRTTEM-CNRS, la RATP et Renault. J’ai travaillé d’abord avec Michel Pinçon, Monique Pinçon et Jacques Retel de 1970 à 1974, et régulièrement ensuite avec Françoise Imbert et Elsie Charron. J’ai été Directeur du GIP Mutations Industrielles (GIP 0002) de 1986 à 1991, et je suis depuis 1992 le co-directeur avec Patrick Fridenson, puis Yannick Lung du GERPISA, réseau international, reconnu comme Equipe d’Accueil (“Histoire des Entreprises-GERPISA” n°1397) par l’Enseignement Supérieur, et renouvelée comme EA quatre fois depuis lors.

En matière de gestion de la recherche et de valorisation “classiques”, j’ai très généralement accepté les demandes qui m’étaient faites. J’ai été membre de cinq comités scientifiques de programmation de la recherche, entre 1985 et 1993 et du Conseil scientifique de l’Université d’Evry de 1992 à 2001. J’ai assuré de nombreuses conférences, actions de formation et de réflexion dans des entreprises (Renault, PSA, Volvo, EDF, ADP, RATP, SNCF, Thomson, Rhône Poulenc, Usinor, Sacilor, BSN, Elf, Bull…), des syndicats (CGT, CFDT, CGC, FEN, IGMetal, CGIL, CCOO, UGT, syndicats mexicains, argentins), d’associations (réseau Partage, …), à l'ISST, l’INTEFP, l’INETOP, l’AFNOR, l’ANPE, dans des Ministères (Equipement, Travail, Transports, PTT, Industrie, Recherche), auprès d’organismes d’expertise des comités d’entreprise (SECAFI) et d’organisations patronales (CCFA, CRC), la Cité des Sciences, etc.. J’ai été membre du comité de la recherche de la RATP (1991-1993). J’ai été auditionné par le Conseil économique et social sur la sidérurgie, l'Assemblée nationale et le Parlement européen sur l'industrie automobile. J’ai apporté trois contributions à des rapports officiels sur le travail et l’industrie automobile (Ministère du travail, Assemblée Nationale, OCDE). J’ai également participé au club CRIN du CNRS « Systèmes de production et facteurs humains » (1991-1993).

Après de nombreux tâtonnements (de l’étude monographique de terrain avec un groupe d’étudiants dont je faisais partie il y a plus de trente ans, à la direction du GIP Mutations Industrielles, en passant par la responsabilité du séminaire du CSU pendant deux ans avec Suzanna Magri, par la participation à une opération de réflexion conjointe direction-syndicats chez Renault), je suis arrivé depuis 1993 à résoudre, me semble-t-il, un double problème, à travers la co-direction du GERPISA et l’animation scientifique de deux des quatre programmes internationaux du réseau. Comment faire coopérer des chercheurs d’orientation théoriques, de compétences, de disciplines, et dans le cas du GERPISA de pays différents, pour la réalisation d’un programme de travail réellement intégré, c’est-à-dire qui ne soit pas la juxtaposition plus ou moins articulée de travaux relevant en fait de logiques de recherches qui s’ignorent? Comment trouver une posture de chercheur, vis-à-vis des acteurs sociaux dont on analyse les pratiques, qui permette à la fois d’acquérir leur confiance, d’accéder au sens de leurs actions et de produire des résultats dont ils peuvent s’emparer pour leur propre réflexion? Les paragraphes suivants cherchent à retracer ce cheminement.

1. Les premières tentatives de travail coopératif de 1964 à 1976
2. La création et l’animation du GERPISA de 1981 à 1987
3. La participation au MIDES de Renault de 1983 à 1984
4. Le séminaire du CSU “ Les rapports sociaux et leurs enjeux ” de 1986 à 1988
5. La direction scientifique du GIP Mutations Industrielles de 1986 à 1991
6. La co-direction du GERPISA de 1992 à 2005, et de ses deux premiers programmes internationaux de 1993 à 2000