Le travail en groupe en France. Les cas Renault et RATP

Références des différentes versions du texte

✔ Freyssenet M., Le travail en groupe en France. Le cas Renault, communication au colloque franco-allemand « La production ‘au plus juste’ dans les entreprises allemandes et françaises. Imitation du modèle japonais ou voie spécifique? », Philipps-Universität, Marburg, 12-13 Octobre 1994, 15 p. Édition numérique: freyssenet.com, 2007, 250 Ko, ISSN 7116-0941.

✔ Freyssenet M., Le travail en groupe en France. Deux cas : Renault et la RATP. Neuf transparents pour l’exposé oral, Colloque franco-allemand « La production ‘au plus juste’ dans les entreprises allemandes et françaises. Imitation du modèle japonais ou voie spécifique? », Philipps-Universität, Marburg, 12-13 Octobre 1994. Édition numériques : freyssenet.com, 2007, 70 Ko, ISSN 7116-0941.

Le texte et les transparents sont téléchargeables en allant à la fin de cette page. L'exposé oral a traité aussi du cas de la RATP.

Le texte est une version modifiée (et augmentée d’un quatrième paragraphe) d’un premier texte : ✔ Freyssenet M., La genèse du travail en groupe chez Renault, communication au Premier séminaire international du groupe « Rapport salarial » du GERPISA, 24-26 Février 1994, Lower Slaughter, Grande-Bretagne. Édition numérique, freyssenet.com, 2007, 200 Ko, ISSN 7116-0941. Cette communication a été publiée en anglais : ✔ Freyssenet M., “The Origins of Team Work at Renault”, in Sandberg A. (ed.), Enriching Production, Avebury, Aldershot, UK, 1995, pp. 293-305. ISSN 7116-0941.

Il a été soumis de nouveau à discussion lors du Deuxième séminaire international du groupe « Rapport salarial » du GERPISA, 21-22 avril 1995, Madrid.

Il a été traduit en allemand: ✔ Freyssenet M., Gruppenarbeit in Frankreich Der Fall Renault, in Kissler L. (Hg.), Toyotismus in Europa. Schlanke Produktion und Gruppenarbeit in der deutschen und französischen Automobilindustrie, Campus Verlag, Frankfurt/Main-New York, 1996, pp 231-251. Numerische Ausgaben : freyssenet.com, 2007, 248 Ko, ISSN 7116-0941.

Il a été enfin publié tardivement en français avec le même titre: Freyssenet M., Le travail en groupe en France. Le cas Renault, in Seul, O. (dir.), Démarches participatives et travail en groupe: l’impact du modèle japonais sur l’organisation et les relations de travail en France et en Allemagne, Paris, Chlorofeuilles, 1998, pp 164-183. Édition numérique, freyssenet.com, 2007, 200 Ko, ISSN 7116-0941.

Résumé

On observe en France un intérêt grandissant et une diffusion certaine du « travail en groupe ». Renault est certainement l’entreprise la plus avancée en ce domaine. Elle a décidé en 1991 de généraliser le travail en groupe sous la forme d’Unités Elémentaires de Travail, les UET. Fin 1994, ses 27 sites industriels européens sont organisés selon ce mode, aussi bien dans les ateliers de fabrication que dans les services et les bureaux. La définition de l’UET et la décision d’organiser les usines selon ce mode s’inspirent explicitement de l’expérience japonaise. Est-ce une preuve, parmi d’autres, de l’adoption réelle par Renault de la lean production, adoption revendiquée et affichée sous le nom de modèle de la « Qualité totale »? On ne comprendrait cependant pas les traits spécifiques et le sens des UET, les conditions de leur adoption, les difficultés de leur mise en place et leurs évolutions possibles, si l’on ignorait le long processus de maturation de l’idée de travail en groupe dans l’entreprise.

Le travail en groupe est apparu chez Renault dans les années 70 comme une tentative de réformer le travail, particulièrement le travail de montage sur chaîne. Il a été contesté parce qu’il remettait en cause les principes industriels de base que sont la décomposition du travail en opérations additives et le flux continu. L’enrichissement du travail et la création d’une carrière professionnelle pour les ouvriers non-qualifiés sont toutefois restés une préoccupation de l’entreprise.

De nouveaux problèmes se sont posés avec l’automatisation de certains ateliers, en raison de la forme donnée à cette automatisation: travail en continu, tâches hétérogènes, partielles et n’occupant pas une personne à plein temps, dépannage rapide. Le travail en groupe a été alors vu comme pouvant permettre de faire admettre ces nouvelles normes de travail dans les ateliers automatisés et d’offrir un travail enrichi et une carrière ouvrière.

La réussite de certaines des organisations mises en place, la réduction du nombre de poste de travail qu’elles permettent, la nécessité de mobiliser le personnel pour améliorer les performances, les changements d’alliance avec les syndicats ont conduit à un consensus sur le travail en groupe et sur sa généralisation à tous les ateliers, automatisés ou non, chacun privilégiant cependant tel ou tel aspect ou objectif. Ce faisant, la définition qui en est donnée et l’application qui en est faite tend à faire disparaître des formules plus audacieuses mises ne place au début des années quatre-vingt, tant du point de vue de la fonction d’animateur de groupe que de la relation avec la maintenance. Les écarts entre la définition officielle et la réalité résultent moins des lenteurs et des résistances inévitables que du contenu différent que lui donnent les différents acteurs. La non-perception de la nécessité de mettre en cohérence les choix techniques, gestionnaire et sociaux avec cette forme générale d’organisation du travail en est une deuxième raison.

Alors que le travail en groupe a été et demeure pour les constructeurs japonais un des moyens pour obtenir des salariés qu’ils participent à l’accroissement de la productivité, de la qualité et de la flexibilité et non pour répondre à une désaffection vis à vis du travail industriel comme cela a été le cas pour Volvo, la préoccupation d’enrichir le travail et d’offrir une carrière ouvrière reste chez Renault une des dimensions essentielles du choix fait pour cette forme d’organisation du travail, même si d’autres considérations et impératifs sont venues la conforter, la redéfinir et la justifier aux yeux de tous.

La dynamique organisationnelle et sociale qui pourrait théoriquement être engendrée par les UET et qui est souhaitée par quelques dirigeants rencontrera toutefois une limite. Si elle s’enclenchait, elle remettrait en cause les principes industriels de base d’additivité et de linéarité, conséquence logique de la recherche des causes premières des dysfonctionnements de la production séquentielle. Elle provoquerait alors un débat difficile au sein de l’entreprise, comme dans les années soixante-dix.

Plan

1. La “crise du travail” des années soixante-dix et les premières expériences de travail en groupe
2. La relance du travail en groupe dans les ateliers automatisés (1979-1984)
3. La diffusion et l’homogénéisation des formes de travail en groupe à partir de la deuxième moitié des années quatre-vingt
4. La création et la généralisation des UET (Unités Elémentaires de Travail), 1991-1994. Leurs différences avec le travail en groupe chez Volvo et Toyota
Conclusion

Mots-clés

Automobile, industrie automobile, Renault, Volvo, Toyota, travail en groupe, travail en module, automatisation, ateliers robotisés, assemblage automobile, entreprises japonaises, la « qualité totale », lean production, formes d’organisation du travail, Unité Élémentaire de Travail, chef d’unité

Disciplines concernées

Anthropologie, Économie, Ergonomie, Gestion, Histoire, Histoire des Sciences et des Techniques, Science de l’ingénieur, Science du politique, Sociologie.

Contexte d’écriture

Contribution
à l’évolution du questionnement personnel
à la production scientifique du réseau ou du laboratoire d’appartenance
au débat scientifique national et international
à la diffusion des résultats de la recherche
à la valorisation des résultats de la recherche

Références, commentaires, notes critiques

Pertinence actuelle

Voir aussi

Sites possibles d’achat ou de commande en ligne de la publication papier

http://www.gerpisa.univ-evry.fr/

Date des mises à jour de la fiche de présentation

2007.03.11
2007.04.11

Date de la mise en ligne de l’article

2007.01.11, Freyssenet M., « Le travail en groupe en France. Le cas Renault », communication au colloque franco-allemand « La production ‘au plus juste’ dans les entreprises allemandes et françaises. Imitation du modèle japonais ou voie spécifique? », Philipps-Universität, Marburg, 12-13 Octobre 1994, 15 p. Édition numérique : freyssenet.com, 2007, 250 Ko, ISSN 7116-0941.

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