Évolution de la répartition professionnelle des salariés de Renault, 1955-2016

Référence

Freyssenet M., Évolution de la répartition professionnelle des salariés de Renault, 1955-2016. Document d'enquête: sept tableaux et quatre graphiques. Quelques commentaires. Édition numérique, freyssenet.com, 2007, 114 Ko, ISSN 7116-0941.

Le fichier, contenant tableaux et graphiques, est téléchargeable en allant à la fin de cette page.

Recherche à l’origine

Un des graphiques du document, «Les effectifs de Renault (maison mère) en 9 catégories professionnelles, au 31.12, de 1955 à 2015 est l’actualisation d’un graphique publié pour la première fois dans : ✔ Freyssenet M., “Renault, from Diversified Mass Production to Innovative Flexible Production”, in ✔ Freyssenet M., Mair A., Shimizu K., Volpato G. (eds), One Best Way? The Trajectories and Industrial Models of World Automobile Producers, Oxford, New York, Oxford University Press, 1998, pp. 365-394. Digital publication, freyssenet.com, 2007, 555 Ko, ISSN 7116-0941.

Il a été ensuite publié une deuxième fois dans : ✔ Freyssenet, M., “Renault, une stratégie d’ 'innovation et flexibilité' à confirmer”, in Freyssenet M., Mair A., Shimizu K., Volpato G. (dir.), Quel modèle productif? Trajectoires et modèles industriels des constructeurs automobiles mondiaux, La Découverte, Paris, 2000, pp 405-440. Éditions numériques, freyssenet.com, 2007, 680 Ko, ISSN 7116-0941.

Ce graphique actualisé est accompagné ici, pour la première fois, du tableau qui est à son origine. Ont été ajoutés les graphiques-tableaux : « Les effectifs de Renault (maison mère) en 6 catégories professionnelles, au 31.12, de 1955 à 20... », « Les effectifs de Renault (maison mère) en 3 catégories professionnelles: ouvriers, ETAM et cadres, au 31.12, de 1955 à 20... », et « Les effectifs inscrits de Renault (maison mère) par statut, coefficient et position, au 31.12, 2000-20... ».

Présentation des tableaux

Contenu

Les trois premiers tableaux donnent l’évolution de la répartition professionnelle des salariés de Renault (maison mère), au 31 décembre, de 1955 à l'année dernière : le premier tableau en 3 groupes, le deuxième en six catégories, le troisième en 9. Le quatrième tableau donne l’évolution de la répartition des salariés « inscrits » de Renault (maison mère) par statut, coefficient et position, au 31 décembre, de 2000 à l'année dernière. À chacun de ces tableaux, correspond un graphique.

Définitions

Les effectifs sont ceux des salariés « en compte » de 1955 à 1973 et ceux des salariés « inscrits » à partir de 1974. Les salariés « en compte » sont les salariés en activité, à l’exclusion donc des salariés dits « hors activité », c’est-à-dire au service national, en préavis non travaillé, en congé d’attente, détachés dans une filiale, en congé maternité, en congés sans solde (convenance personnelle, formation extérieure longue durée, activités extérieures à l’entreprise), ayant un mandat syndical, en congé conversion, en congé fin de carrière, en congé sabbatique, en création d’entreprise, en maladie ou accident longue durée. Les salariés « inscrits » sont les salariés « ayant, à titre personnel, un contrat de travail avec l’entreprise, que ce soit un contrat à durée déterminée ou indéterminée». Ils englobent donc les salariés « hors activité » et les salariés à temps partiel, les personnes en contrat de formation en alternance, les apprentis et les stagiaires « vacances ». Sont exclus en revanche les intérimaires, les stagiaires « écoles » et bien sûr les salariés des prestataires de service ou des fournisseurs intervenant sur site.

Les groupes et catégories professionnelles, leur composition, leur délimitation et leurs appellations ont varié dans le temps. Les groupes professionnels couramment distingués sont au nombre de trois : les « ouvriers/APR », les « ETAM », les « IC ».

Dans les tableaux du fichier, les « ouvriers /APR » correspondent jusqu’en 1960 aux « horaires », c’est-à-dire aux ouvriers de production, d’entretien et d’outillage, aux gardiens, aux apprentis et stagiaires ouvriers, tous payés à l’heure. Leur ont été adjoints les quelques ouvriers qui étaient alors mensualisés (les « ouvriers commissionnés »). À partir de 1960, ces salariés sont tous regroupés sous l’appellation « ouvriers », qu’ils soient « horaires » ou « mensuels ». Les « mensuels » ouvriers prennent alors le nom d’Agents Productifs Renault (APR). Ce terme finira par désigner en 1978 tous les ouvriers après qu’ils aient été tous mensualisés. Les catégories ouvrières ont beaucoup évolué, certaines disparaissant ou diminuant par accession de leurs membres à la catégorie supérieure de leur groupe ou même au groupe des ETAM.

Les OS/AP (Ouvriers Spécialisés/Agents Productifs) comprennent dans les tableaux tous les salariés considérés comme non professionnels (Manœuvres, Gardiens, Ouvriers Spécialisés, Jeunes Ouvriers) ou pas encore professionnels (Apprentis, Stagiaires). Les Manœuvres et Gardiens, distingués jusqu’en 1963, deviennent après une seule et même catégorie, avant d’être regroupés avec les OS dans la catégorie des Ouvriers Non Professionnels en 1968. Le processus a consisté tout d’abord à créer en 1958 une nouvelle catégorie, les Ouvriers Non Spécialisés (ONS), à laquelle ont accédé les 9/10ème des Manœuvres. Les ONS seront ensuite fusionnés en 1963 avec les OS. Ceux-ci sont renommés Agents Productifs (AP) en 1973, lors de la première refonte du système de classification. À la suite des conflits sociaux dits « des OS », une sous-catégorie de « professionnels de fabrication premier niveau», les P1 F, est en effet créée en 1973, dans la catégorie des « Ouvriers Professionnels », à laquelle accèdent en trois ans environ 15.000 Ouvriers Spécialisés. Une deuxième opération du même type, mais de beaucoup plus grande ampleur, se produira en 1982, conduisant à la réduction rapide du nombre d’AP, puis à l’extinction définitive de la catégorie en 1998. Des niveaux P2 et P3 Fabrication sont alors créés pour reconstituer une carrière pour les ouvriers de production.

On l’imagine, ces changements ont eu d’importantes conséquences sur les « Ouvriers Professionnels » (OP). Jusqu’en 1973, les OP sont des ouvriers de l’entretien, de l’outillage et des études, dont le signe distinctif est d’être titulaires au moins d’un CAP et d’exercer le métier correspondant. Ils sont classés en trois niveaux : P1, P2 et P3. Bien qu’issus généralement de la fabrication, les Régleurs leur sont assimilés. Ils sont chargés du réglage des machines, des changements d’outils et du contrôle du rendement. Tout change avec la création du P1 F. Pour que les OP et les Régleurs ne soient pas déclassés, relativement aux OS promus P1 F qui n’ont pas le même niveau de qualification réelle, et pour qu’ils ne soient pas confondus avec eux, deux types de P1 sont créés: le P1 A réservés aux OS promus et les P1 B destinés aux Ouvriers Professionnels de premier niveau. Mais dès 1975, les P1 B deviennent tous P2, provoquant un glissement hiérarchique généralisé parmi les OP : les anciens P2 devenant P3, et les P3 accédant massivement à la catégorie des Agents Techniques Professionnels, classés parmi les ETAM. Certains deviendront même Techniciens après un examen interne. C’est ainsi que nombre d’ouvriers professionnels ont changé de groupe professionnel, disparaissant de ce fait de l'effectif ouvrier. Quant aux Régleurs, leur pourcentage régresse à partir de 1989 et leur nombre est aujourd’hui réduit à quelques dizaines. C’est la conséquence de l’automatisation et de la mise en place des Unité Élémentaire de Travail, qui ont permis de redistribuer entre les membres des UET les fonctions, devenues plus simples, remplies jusque-là par les Régleurs.

Les ETAM (Employés, Techniciens, Agents de Maîtrise) ont d’abord été appelés « collaborateurs » jusqu’en 1973. L’acronyme ETAM ne désigne pas toutes les catégories qui les composent. Il faut y ajouter tout d’abord les Dessinateurs, catégorie plus ancienne que celle des Techniciens qui est créée en 1963 seulement. Placés au même niveau que les Dessinateurs, les Techniciens sont des salariés recrutés ou promus en tant que tels, mais aussi des salariés assimilés jusque-là aux Agents de Maîtrise ou aux Employés. Deuxième catégorie non identifiée dans l’acronyme : les Agents Techniques Professionnels (ATP), créés en 1969. Leur nombre ne deviendra significatif qu’à partir de 1973. Initialement ils étaient des ouvriers professionnels de la maintenance ou de l’outillage classés P3, promus « collaborateurs » en fin de carrière. À partir de 1973, le groupe augmente brutalement et ne cessera de croître jusqu’en 1984. En raison des « glissements hiérarchiques généralisés » négociés en1973 et en 1982 qui ont fait accéder, comme on l’a vu, les OS au statut de professionnel de fabrication, les P3 de l’entretien, de l’outillage et des études ont été de plus en plus reclassés Agents Techniques Professionnels, voire Techniciens. Font partie également des ETAM, les « Régleurs Hors Catégorie », promus « collaborateurs » en fin de carrière, ainsi que des stagiaires dessinateurs, techniciens ou agents techniques. Au final, un nombre non négligeable de salariés antérieurement classés ouvriers sont devenus ETAM sans que leur travail ait changé substantiellement. Notons enfin que les Employés englobent la Maîtrise de bureau. Les Informaticiens, longtemps rangés parmi les Employés, ont été reclassés parmi les Techniciens.

Les Ingénieurs et Cadres (IC) sont appelés ainsi à partir de 1978. Avant ils étaient regroupés sous le nom générique de « Cadres ». Longtemps indifférenciés, ils commencent à être divisés en niveaux, comme les ouvriers, ainsi que le montre un nouveau système de classement instauré parallèlement au système de classification présenté précédemment.

Depuis 2000, sont en effet distingués, dans ce système parallèle: les Apprentis, les APR répartis en quatre niveaux, les Régleurs (restants), les ETAM répartis en trois niveaux, les Régleurs Hors Catégories (restants), Les ETAM Contrats Spéciaux, les Cadres répartis en trois niveaux, le troisième ayant trois classes A, B et C+Hors classe, les Cadres Contrats spéciaux. Les Contrats spéciaux concernent les salariés classés hors grille de classification Renault (certains designers, formateurs et ETAM impatriés).

Indicateur

L’indicateur est la personne physique salariée de Renault, « en compte » jusqu’en 1973, « inscrite » à partir de 1974 (voir Définitions), selon son classement dans la grille de classification en vigueur (voir le paragraphe précédent et le paragraphe suivant)

Sources et modalités d’élaboration du tableau

Les sources sont jusqu’en 1977 des documents internes : les Annuaires Statistiques Renault et les Bilans du personnel. Après, ce sont les Bilans Sociaux, documents publics, téléchargeables depuis 2004 à http://www.renault.com

Les trois grands groupes professionnels de 1961 et des années suivantes ont été reconstituées pour les années antérieures à partir des catégories professionnelles composant les « horaires » et les « mensuels ». À vrai dire, il a suffi de faire passer les « ouvriers commissionnés » puis les APR des « mensuels » aux « horaires », pour que ceux-ci correspondent au groupe « ouvriers » de 1961 et après.

Nature de l’information

Les effectifs « inscrits » gonflent le nombre de salariés que l'on suppose à tort tous actifs, d’un double point de vue : ils englobent en effet les salariés à temps partiel et les salariés hors activité. Les non-actifs sont particulièrement nombreux durant les périodes d’application de « mesures d’âge », mettant « hors activité » des salariés en attente de départ en retraite, comme les salariés qui ont été concernés par le dispositif CASA (Cessation d’Activité de Salariés Âgés). Ce dispositif a permis à partir de 1999 de suspendre le contrat de travail des salariés « à 57 ans, et très exceptionnellement à 55 ou 56 ans ».

Les effectifs salariés, « en compte » ou « inscrits », ne recouvrent pas en revanche la totalité des personnes travaillant effectivement dans l’enceinte des établissements Renault. Sont exclus les intérimaires, les stagiaires « écoles » et les salariés des prestataires de services ou des fournisseurs travaillant dans les services d’étude ou dans les usines durant des périodes plus ou moins longues.

Enfin, le choix de la date du 31.12 exclue de fait des effectifs salariés les stagiaires « vacances » embauchés essentiellement pendant la période d’été, et nombre d’intérimaires recrutés aux périodes de plus forte demande.

Ces variations, en plus ou en moins, affectent davantage les basses catégories (ouvriers, ATP, employés) que les autres.

Périmètre

Le périmètre a été successivement celui de la RNUR, de Renault SA et de Renault sas. L’externalisation de nombre d’activités a été d'abord la cause principale de la réduction des effectifs. Depuis les années 2000, la cause principale est devenue une répartition des productions au niveau européen en défaveur des sites français.

Qualité de l’information

Il existe des variations de chiffres dans les documents officiels de Renault pour une même population et une même année. En effet, Renault opère des rectifications d’une année sur l’autre, compte tenues de précisions obtenues postérieurement des usines quant aux effectifs exacts et au classement des salariés. Les écarts dépassent rarement la trentaine pour une catégorie professionnelle et la centaine pour un groupe ou le total général. Dans une prochaine édition de ces tableaux, on s’efforcera de réduire ces écarts, en retrouvant les tous derniers chiffres publiés.

Comparabilité

Les tableaux sont composés en fait de deux séries, pas tout à fait comparables, puisque jusqu’en 1973, il s’agit des salariés « en compte » (voir définitions), alors qu’après 1973 il s’agit des salariés « inscrits ». En 1973, l’écart entre les deux effectifs est de 3.897. Le passage des effectifs « en compte » aux effectifs « inscrits » en 1974 a pour conséquence de gommer le tassement des effectifs cette année-là. Les documents actuellement disponibles ne permettent pas de faire une série totalement homogène, soit des salariés en compte, soit des salariés inscrits.

Quelques commentaires

Les tableaux et graphiques font apparaître une transformation spectaculaire de la structure professionnelle des salariés de Renault. Les salariés classés « ouvriers » sont passés de 75% de l’effectif total dans les années cinquante-soixante à 37,3% en 2005. Même quand on leur ajoute les Agents Techniques Professionnels, les Régleurs HC et la Maîtrise de fabrication qui remplissent de fait des tâches de production, bien que classés parmi les ETAM, ils n’atteignent cependant que 45,5%. Plus spectaculaire encore est la diminution des Employés, qui, après être montés jusqu’à 12,7% en 1981, ne sont plus que 2,1% en 2005. En revanche les Techniciens-Dessinateurs et les Ingénieurs et Cadres n’ont cessé de voir leur poids croître. Partis respectivement de 8,3% et 2,8% en 1955, ils comptent pour 27,5% et 25,0% cinquante ans plus tard. Ils sont maintenant majoritaires.

La réduction du nombre d’ouvriers de Renault (maison mère) à partir de 1980 est due, par ordre d’importance, à l’externalisation de nombreuses fabrications ou activités vers des filiales puis vers des équipementiers, aux gains de productivité, malgré une production plus diversifiée, et à la diminution du nombre de véhicules fabriqués en France au bénéfice des filiales étrangères. La réduction du nombre des Employés, qui commence en 1984, est le résultat d’une informatisation croissante des tâches administratives, de leur sous-traitance, enfin de la diffusion de la micro-informatique, faisant de ceux qui y recourent leur propre secrétaire. Le nombre de Techniciens-Dessinateurs est stabilisé depuis 1997. Leur pourcentage ne continue de croître qu’en raison de la baisse des Ouvriers et des Employés. En revanche les Ingénieurs et Cadres progressent toujours en nombre et en pourcentage. La croissance de ces deux catégories résulte en premier lieu de la « division intellectuelle du travail », qui conduit à toujours plus anticiper et matérialiser dans des machines et des organisations ce qui devra être réalisé ensuite en production, en administration et en distribution. Elle est due ensuite à la croissance du nombre de modèles de voitures, de versions et d’options à concevoir et à développer pour répondre à une demande automobile plus diversifiée et internationalisée. Mais d’ores et déjà l’externalisation et la division intellectuelle du travail dans ces catégories sont à l’œuvre. Équipementiers et fournisseurs effectuent nombre de tâches de conception antérieurement réalisées en interne. La CAO (Conception Assistée par Ordinateur), l’organisation par projet, la Simulation réduisent les temps de développement, et permettent de codifier les tâches et d’en diviser intellectuellement la réalisation. Une déconcentration de la conception s’esquisse en outre avec la création de pôles à l’étranger.

Si les ouvriers (définis par le travail manuel d’exécution) ne sont plus majoritaires, les travailleurs productifs (de plus-value) n’ont jamais été aussi importants en pourcentage, avec la croissance des techniciens et des ingénieurs de conception et de production au détriment des cadres de commandement et des employés administratifs. Une nouvelle classe productive est en formation. Voir “Les rapports de production: travail productif et travail improductif”.

Les tableaux et graphiques traduisent également une montée généralisée en « qualification », avec la disparition des Manœuvres, puis des Ouvriers Spécialisés et des Employés en particulier non qualifiés. Dans quelle mesure ces changements de classement des salariés de Renault correspondent à des changements effectifs dans le travail et son contenu intellectuel ? Les deux opérations massives de reclassement des Ouvriers non qualifiés en Ouvriers professionnels, en 1973 et en 1982, ont été déclenchées, la première pour résoudre une « crise du travail » mettant en péril l’entreprise, la seconde pour fonder un nouveau compromis social rendu nécessaire par la rupture de la croissance. Voir “Division du travail et mobilisation quotidienne de la main-d’oeuvre. Les cas Renault et Fiat”, “Renault, from Diversified Mass Production to Innovative Flexible Production” et “Renault, une stratégie d’ 'innovation et flexibilité' à confirmer”. Ce n’est que dans la deuxième moitié des années 80, que la direction s’est efforcée de donner un contenu à ce reclassement massif. On pourra lire utilement à ce propos “La requalification des opérateurs et la forme sociale actuelle d’automatisation” et “Les transformations du travail en groupe chez Renault”. Le retour à la polyvalence, abandonnée avec la suppression de la « cotation par poste » au début des années 70, et l’attribution aux opérateurs de tâches de maintenance simplifiées par l’automatisation ont permis de diversifier et d’enrichir quelque peu leur travail, sans que cela ne change substantiellement son contenu intellectuel. On peut même dire qu’aujourd’hui, avec des cycles de travail d’une minute et la standardisation exigée des gestes et pas seulement des opérations, la parcellisation et la prescription du travail de production n’ont jamais été aussi poussées. La « requalification » relative et temporaire des opérateurs a été en revanche le moyen d’engager le processus de division du travail de maintenance, qui était jusqu’alors le symbole du travail qualifié. Dans d’autres entreprises, chez d’autres constructeurs qui n’ont pas eu à affronter les mêmes types de problèmes sociaux que Renault, les opérateurs qui effectuent le même type de travail sont toujours classés ouvriers non- ou semi-qualifiés. Historiquement les « glissements de classification » ont été utilisés, quand cela était nécessaire, pour faciliter socialement la mise en œuvre d’une division intellectuelle du travail plus poussée. Voir La division capitaliste du travail.

Mots-clés
Automobile, Renault, Structure professionnelle, classification, ouvriers spécialisés, apprentis, ouvriers professionnels, régleurs, agents techniques, employés, techniciens, dessinateurs, contremaîtres, agents de maîtrise, ingénieurs, cadres.

Disciplines concernées
Anthropologie, Démographie, Économie, Ergonomie, Gestion, Histoire, Histoire des Sciences et des Techniques, Philosophie, Science de l’ingénieur, Sociologie, Statistique

Voir aussi

Freyssenet M., Nombre et pourcentage d'ouvriers et d'ouvrières travaillant à la chaîne, chez Renault, 1978-2016. Quatre tableaux, deux graphiques. Document d'enquête. Édition numérique, freyssenet.com, 2006, 72 Ko. ISSN 1776-0941.

Freyssenet M., Évolution des effectifs travaillant dans des établissements de Renault, selon leur statut, et dépenses internes et externes en personnel, 1978-2016. Deux tableaux, quatre graphiques. document d'enquête. Édition numérique, freyssenet.com, 2006, 72 Ko. ISSN 1776-0941.

Freyssenet M., Embauches et départs de Renault, par motif, 1962-2016, Document d'enquête: trois tableaux, trois graphiques. Édition numérique, freyssenet.com, 2006, 64 Ko. ISSN 1776-0941.

Freyssenet M., Fréquence et gravité des accidents du travail avec arrêt chez Renault, 1947-2016. Un tableau et un graphique. Document d'enquête, édition numérique, freyssenet.com, 2006, 32 Ko. ISSN 1776-0941.

Freyssenet M., Taux d’absentéisme du personnel ouvrier chez Renault, 1949-2016. Un tableau, un graphique. Document d'enquête, édition numérique, freyssenet.com, 2006, 42 Ko. ISSN 1776-0941.

Freyssenet M., Fridenson P., Pointet JM (dir.), « Les données économiques et sociales de Renault. Les années 70 et 80 », GERPISA, Paris, 1995, 222 p. Édition numérique, freyssenet.com, 2006, 6,8 Mo. ISSN 1776-0941.

Sites des sources

http://www.renault.com

Date de mise en ligne du document

2007.02.15

Dates des mises à jour

2007.04.25, 2008.04.25, 2009.09.10, 2010.07.06, 2011.12.07, 2012.10.09, 2013.04.08, 2014.05.22, 2016.08.30, 2017.08.03

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