La qualification de la main d’œuvre et les nouvelles formes d’organisation du travail

Référence du texte

Freyssenet M., La qualification de la main d’œuvre et les nouvelles formes d’organisation du travail, communication au 44ème congrès de la Société Brésilienne pour le Progrès de la Science, Université de Sao Paolo, 12-17 juillet 1992, 11 p. Éditions numériques, freyssenet.com, 2007, 212 Ko.

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Résumé

Les problématiques scientifiques et pratiques concernant les liens entre la qualification de la main-d’oeuvre et l’évolution du travail et de son organisation ont connu d’importantes évolutions, ces dernières années. Pendant longtemps, le problème a paru simple. La qualification de la main-d’oeuvre devait se transformer en fonction des capacités requises par les évolutions des techniques industrielles, capacités supposées aisément identifiables et caractérisables, parce que découlant des exigences mêmes du fonctionnement des machines.

Cette vision de court terme et déterministe s’accommodait mal cependant avec le renouvellement rapide des techniques de production et leur relative indétermination à moyen terme. Elle a donc fait place à l’idée selon laquelle la main-d’oeuvre devait avoir un bagage scolaire et professionnel suffisant pour être capable de mobilité vers des emplois que l’on ne pouvait prévoir longtemps à l’avance.

Aujourd’hui encore, une partie du chômage est expliquée, notamment dans les pays industrialisés, comme résultant de l’inadéquation entre la formation initiale et l’évolution rapide des types d’emploi et de leur volume respectif. La formation est toujours présentée comme la solution fondamentale pour lutter contre le chômage.

Au cours des années 80, on s’est aperçu que les emplois n’étaient pas une donnée, mais qu’ils pouvaient varier considérablement dans leur définition, leur contenu, et les capacités qu’ils requièrent suivant le type d’organisation que l’on adopte. L’adaptation pouvait donc se faire aussi dans l’autre sens. On découvre également que l’analyse des choix d’organisation du travail ne suffit pas pour connaître la gamme des qualifications requises, et qu’il faut analyser simultanément les choix qui président à la conception des machines et la vision du travail dont ils sont porteurs et vecteurs.

C’est le phénomène, devenu massif dans les pays industrialisés, de la surqualification de la main-d’oeuvre par rapport au contenu réel des postes de travail ou des fonctions à tenir, qui a conduit à se poser ce problème. Il a deux origines: bien sûr la crise économique et le chômage qui amènent de plus en plus de diplômés à accepter des emplois moins ou pas qualifiés, mais aussi et surtout le recrutement de personnel qualifié pour des postes de travail qui se sont révélés à l’usage ne requerrant pas autant de compétences qu’on pouvait le penser.

Une évolution de la problématique s’amorce. Mais on est loin encore d’un accord sur l’analyse. En effet, l’avis très généralement partagé est que les nouvelles formes d’organisation du travail requalifient le travail, annonçant une inversion possible de la division du travail, et qu’elles sont même une condition de la performance économique dans le nouveau contexte économique mondial. En fait sous le mouvement dit de requalification, il y a deux processus sociaux distincts qui sont à l’oeuvre: l’un conduisant en fait à une division accrue du travail, l’autre pouvant amorcer une inversion réelle et continue de cette même division, si certaines conditions sociales et politiques étaient garanties durablement.

Plan

Introduction

1. Les concepts de travail, de travail qualifié et de division du travail
1.1. Le concept de travail
1.2. Qu’est-ce qu’un travail qualifié?
1.3. La division du travail

2. Les organisations « enrichissantes »

3. Les organisations « qualifiantes »

4. Quelle est la possibilité de mettre en cohérence la conception des machines et la conception de l’organisation du travail?

Conclusion

Mots-clés

Division capitaliste du travail, division intellectuelle du travail, Taylorisme, enrichissement du travail, organisations qualifiantes, formes sociales d’automatisation, conception des machines, qualification, requalification, surqualification, déqualification, organisation du travail, classification, qualification, compétence, formation, chômage

Disciplines concernées

Économie, Ergonomie, Gestion, Histoire, Histoire des Sciences et des Techniques, Science de l’ingénieur, Science du politique, Sociologie.

Contexte d’écriture

Contribution
à l’évolution du questionnement personnel
à la production scientifique du réseau ou du laboratoire d’appartenance
au débat scientifique national et international
à la diffusion des résultats de la recherche
à la valorisation des résultats de la recherche

Références, commentaires, notes critiques

Pertinence actuelle

Voir aussi

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Date de la dernière mise à jour de la fiche de présentation

2007.01.06

Date de la mise en ligne de l’article

2007.01. 06, Freyssenet M., « La qualification de la main d’œuvre et les nouvelles formes d’organisation du travail », communication au 44ème congrès de la Société Brésilienne pour le Progrès de la Science, Université de Sao Paolo, 12-17 juillet 1992, 11 p. Éditions numériques, freyssenet.com, 2007, 212 Ko.

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