Le modèle productif japonais n'a jamais existé

Références des différentes versions du texte

Freyssenet, M., "Le modèle productif japonais n'a jamais existé", version initiale plus longue de Freyssenet, M., "Le modèle productif japonais n'a jamais existé", in Boyer, R., Souyri, P-F, Mondialisation et régulations. Europe et Japon face à la singularité américaine, La Découverte, Paris, 2001, pp 97-115. Édition numérique, freyssenet.com, 2006, 200 Ko.

Freyssenet, M., "Le modèle productif japonais n'a jamais existé", in Boyer, R., Souyri, P-F, Mondialisation et régulations. Europe et Japon face à la singularité américaine, La Découverte, Paris, 2001, pp 97-115.

Freyssenet, M., 日本の生産モデルは存在しなかった, in R・ボワイエ+P-F・スイリ編『脱グローバリズム宣言―パクス・アメリカーナを越えて』山田鋭夫・渡辺純子訳、藤原書店、2002年 (Freyssenet M., "Le modèle productif japonais n'a jamais existé", in Boyer, R., Souyri, P-F, Mondialisation et régulations. Europe et Japon face à la singularité américaine, Édition en japonais par un éditeur japonais , Tokyo : Fujiwara Shoten, 2002, pp 151-178).

Le premier texte est téléchargeable en allant à la fin de cette page.

Résumé

Début des années quatre-vingt, les Etats-Unis et l’Europe découvraient, incrédules, la compétitivité ravageuse des firmes japonaises sur leur propre marché. Leurs entreprises étaient contraintes de procéder à des restructurations financièrement coûteuses et socialement douloureuses. Comment le Japon, réputé pour la mauvaise qualité de ses produits dans les années cinquante et soixante, avait pu en si peu de temps atteindre un tel niveau d'efficacité?

La supériorité japonaise fut d’abord attribuée à une automatisation estimée plus précoce et plus avancée. De l'optimisme et déterminisme technologiques, on bascula ensuite dans le pessimisme et relativisme culturalistes. Le succès des "transplants japonais" à l’étranger, notamment aux Etats-Unis, ruina l'explication avancée. On diagnostiqua alors, à partir du cas de l'industrie automobile, l’émergence d’un nouveau modèle productif qui fut appelé lean production par des chercheurs du MIT, pour en caractériser l’esprit et en souligner la capacité à être adopté ailleurs. Tant dans les milieux professionnels que dans les milieux académiques, la cause parut dès lors entendue : un nouveau modèle productif était bien né et il était appelé à remplacer le vieux modèle dit "taylorien-fordien" qui avait démontré, par sa rigidité organisationnelle et le rejet social dont il était l'objet, son incapacité à répondre aux nouvelles exigences du marché et du travail.

Les doutes ont commencé à apparaître avec la crise prolongée du Japon. Le système qui devait changer le monde commençait bien mal son oeuvre. Mais le plus surprenant pour tous ceux qui avaient été convaincus par la thèse du passage à un nouveau modèle productif était encore à venir. Des firmes japonaises emblématiques de ce nouveau modèle, comme Nissan, Mazda et Mitsubishi dans le secteur automobile, se voyaient contraintes, peu après la crise asiatique, de rechercher des alliances capitalistiques et même de se faire absorber par des firmes européennes ou américaines pour ne pas disparaître.

Que s’était-il donc passé? Qu’en est-il exactement du modèle productif appelé japonais? En quels termes se pose au début du XXIe siècle la confrontation des firmes? L’article propose des réponses à ces trois questions.

Plan

1. Des explications successivement infirmées
2. L'amalgame injustifié de deux modèles productifs incompatibles observés dans l'industrie automobile
3. Sous le raz de marée japonais, des performances très inégales
4. Les constructeurs automobiles européens n'étaient pas tous en crise, contrairement aux constructeurs américains
5. Le monde change, les performances aussi
6. Le Japon déstabilisé révèle l'hétérogénéité de la gestion de ses firmes
7. Les firmes américaines sauvées par un changement de la structure du marché, et non par l'adoption (apparente) du "nouveau modèle"
8. Les firmes européennes, prises à contre-pied, trouvent chacune des solutions propres
9. Ni modèles productifs nationaux, ni modèle universel:
les conditions de la profitabilité

Mots-clés

Automobile, fusion, acquisitions, alliances, mondialisation, modes de croissance, stratégie de profit, histoire des entreprises, théorie de la firme, modèles productifs, relation salariale, organisation productive, politique-produit, compromis de gouvernement d’entreprise, Fordisme, modèle fordien, Taylorisme, modèle taylorien, modèle sloanien, lean production, Toyotisme, Japon, Henry Ford, Alfred Sloan, General Motors, Ford Motor Company, F.W. Taylor, Chrysler, Toyota, Nissan, Honda, Mitsubishi, Mazda

Disciplines concernées

Économie, Géographie, Gestion, Histoire, Science de l’ingénieur, Sociologie.

Contexte d’écriture

Contribution
à l’évolution du questionnement personnel
à la production scientifique du réseau ou du laboratoire d’appartenance
au débat scientifique national et international
à la diffusion des résultats de la recherche
à la valorisation des résultats de la recherche

Références, commentaires, notes critiques

Pertinence actuelle

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Date de la dernière mise à jour de la fiche de présentation

2006.06.15

Date de la mise en ligne de l’article

2006.06.15, Freyssenet, M., "Le modèle productif japonais n'a jamais existé", version initiale plus longue de Freyssenet, M., "Le modèle productif japonais n'a jamais existé", in Boyer, R., Souyri, P-F, Mondialisation et régulations. Europe et Japon face à la singularité américaine, La Découverte, Paris, 2001, pp 97-115.

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