Le Japon n'est plus considéré comme l'unique creuset du modèle productif de demain

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Références des différentes versions du texte

Freyssenet M., « Il n’y a jamais eu de modèle productif japonais », version initiale plus longue et sous un titre différent de Freyssenet M., "Le Japon n'est plus considéré comme l'unique creuset du modèle productif de demain", in Cordelier S. (dir.), 80 idées-forces pour entrer dans le 21ème siècle. Le nouvel état du monde, La Découverte, Paris, 1999, pp 122-124. Éditions numériques, freyssenet.com, 2006, 80 Ko.

Freyssenet M., "Le Japon n'est plus considéré comme l'unique creuset du modèle productif de demain", in Cordelier S. (dir.), 80 idées-forces pour entrer dans le 21ème siècle. Le nouvel état du monde, La Découverte, Paris, 1999, pp 122-124. Édition portugaise, Campo das Letras, Porto, 2000. Édition grecque, Editions Pataki, 2001.

Freyssenet, M. "Le Japon n'est plus considéré comme l'unique creuset du modèle productif de demain", in Le nouvel état du monde. Les idées-force pour comprendre les nouveaux enjeux internationaux, Cordellier, S. (dir.), La Découverte, Paris, deuxième édition actualisée, 2002, pp 188-190. Édition chinoise : iFront, Taïwan, 2003.

Le premier texte est téléchargeable en allant à la fin de cette page. Les deux versions publiées sont identiques.

Résumé

Au début des années quatre-vingt, les États-Unis et l’Europe découvraient, incrédules, la compétitivité ravageuse des firmes japonaises sur leurs propres marchés. Cette supériorité japonaise fut d’abord attribuée à une automatisation qui aurait été plus avancée. Les entreprises américaines et européennes voulurent retrouver leur suprématie technique, en optant pour des équipements plus automatisés encore, à la fois flexibles et intégrés. Les difficultés productives que leur utilisation engendra amplifièrent la crise au lieu de la surmonter. On en vint alors à des explications “culturalistes”. L’esprit de groupe et le souci du consensus, qui seraient des caractéristiques japonaises, auraient permis une efficacité dans le travail impossible à obtenir ailleurs. Le succès des “transplants japonais” à l’étranger, notamment aux États-Unis, mit à mal cette interprétation. L’explication n’étant ni technique, ni “culturelle”, on diagnostiqua l’émergence d’un nouveau modèle productif, appelé à prendre la place du “fordisme”, devenu inadapté à un marché variable et diversifié.
Le “modèle japonais” fut dénommé plus savamment lean production ou “production au plus juste” par des chercheurs américains. Ce modèle était censé résoudre la double crise des années soixante-dix : celle d’une production trop peu diversifiée et adaptée aux demandes d’une clientèle devenue plus exigeante, et celle du travail parcellisé rejeté par les salariés.

En fait, il n’y a jamais eu de modèle japonais. La « production au plus juste », qui prétend le théoriser, est une construction intellectuelle édulcorant et amalgamant à tort deux systèmes de production complètement différents et incompatibles: le système Toyota et le système Honda. Ces deux systèmes sont entrés en crise au début des années quatre-vingt-dix (on mit dix ans à s’en apercevoir), au moment même où la lean production était célébrée comme le modèle de l’avenir. D’autres entreprises japonaises, notamment Nissan, Mitsubishi et Mazda dans le secteur automobile, n’ont jamais réussi à construire des systèmes cohérents. Enfin, hors du Japon, au moins un autre modèle productif a existé et a été tout aussi performant sur longue période, celui incarné notamment par Volkswagen depuis la crise de 1974.

Plan

1. Le système qui « allait changer le monde »
2. Le système Toyota et le système Honda
3. L’enjeu du "compromis de gouvernement d’entreprise"
Pour en savoir plus

Mots-clés

Automobile, stratégie de profit, histoire des entreprises, théorie de la firme, modèles productifs, relation salariale, organisation productive, politique-produit, compromis de gouvernement d’entreprise, Fordisme, modèle fordien, Taylorisme, modèle taylorien, modèle sloanien, Toyotisme, modèle toyotien, Honda, modèle hondien, production de masse, commonalisation, économies d’échelle, effets de variété, lean production, travail, division du travail, organisation du travail, conditions de travail, flux tendu, crise du travail, enrichissement du travail, modèle suédois, relations industrielles, luttes sociales

Disciplines concernées

Économie, Ergonomie, Gestion, Histoire, Histoire des Sciences et des Techniques, Science de l’ingénieur, Sociologie.

Contexte d’écriture

Contribution
à l’évolution du questionnement personnel
à la production scientifique du réseau ou du laboratoire d’appartenance
au débat scientifique national et international
à la diffusion des résultats de la recherche
à la valorisation des résultats de la recherche

Références, commentaires, notes critiques

Pertinence actuelle

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Date de la dernière mise à jour de la fiche de présentation

2006.06.15

Date de la mise en ligne de l’article

2006.06.15, Freyssenet M., « Il n’y a jamais eu de modèle productif japonais », version initiale plus longue et sous un titre différent de Freyssenet M., "Le Japon n'est plus considéré comme l'unique creuset du modèle productif de demain", in Cordelier S. (dir.), 80 idées-forces pour entrer dans le 21ème siècle. Le nouvel état du monde, La Découverte, Paris, 1999, pp 122-124.

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