Origines et limites de la diversité des modèles productifs . Questions de recherche et d’organisation de la recherche

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Références du texte et des diapositives de présentation

Freyssenet M., « Origines et limites de la diversité des modèles productifs . Questions de recherche et d’organisation de la recherche », in Freyssenet, M., Lung, Y. (dir.), Actes de la Onzième Rencontre Internationale du GERPISA, "Les acteurs de l’entreprise à la recherche de nouveaux compromis ?", 11-13 juin 2003, Ministère de la Recherche, Paris, Cédérom. Éditions numériques, gerpisa.univ-evry.fr, 2003, Ko; freyssenet.com, 2006, Ko.

Freyssenet M., « The Origins and the Limits of the Productive Models Diversity. Research questions and research organization problems », Diapositives pour l’exposé oral, Onzième Rencontre Internationale du GERPISA, "Les acteurs de l’entreprise à la recherche de nouveaux compromis ?", 11-13 juin 2003, Ministère de la Recherche, Paris. Édition numérique, freyssenet.com, 2006, 440 Ko.

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Résumé

Au terme de trois programmes internationaux de recherche du GERPISA (« Émergence de nouveaux modèles industriels, 1993-1996 », « L’industrie automobile entre mondialisation et régionalisation, 1997-1999 », « Coordination des connaissances et des compétences dans les systèmes automobiles régionaux, 2000-2002»), l'auteur tente un premier bilan scientifique et organisationnel de l’activité du réseau international. Ce bilan vise à aider à engager une nouvelle phase de l’histoire du GERPISA, autour d’une question de recherche, qui ne soit pas seulement comme par le passé une question née d’une thèse universalisante monopolisant le débat scientifique et public, comme le furent successivement les thèses du modèle japonais, de la mondialisation, puis du modèle anglo-saxon, mais une question résultant aussi des travaux antérieurs du GERPISA.

Il semble que cette question puisse être : les origines et les limites de la diversité des modèles productifs. Autant les membres du GERPISA sont tombés d’accord sur la « diversité limitée et périodiquement renouvelée des modèles productifs » autant ils continuent à discuter sur le niveau de cette diversité et sa nature. Au-delà des différences, les modèles productifs d’une même période ne partagent-ils pas des éléments communs ? Ces différences sont-elles essentiellement nationales, ou bien sont-elles stratégiques ou bien encore tactiques ? L'auteur esquisse des directions de réponse.

Au-delà de leurs différences, les entreprises ne partagent-elles pas des paradigmes productifs communs, qui à une époque donnée leur donne un air de famille ? Le travail à la chaîne par exemple, au-delà de ses variantes entre les modèles fordien, sloanien, toyotien et hondien, ne relève-t-il pas du même paradigme organisationnel : à savoir l’additivité d’opérations sans lien logique entre elles et la fluidité imposée du produit à fabriquer ou à assembler. Il ne fait pas de doute que les quatre modèles cités présentent ces deux traits communs. De même, le juste à temps ne serait-il pas alors un nouveau paradigme, qui pourrait se décliner de multiples façons ? La périodisation classique en production de masse et production au plus juste en serait alors justifiée au niveau paradigmatique et non plus au niveau du modèle productif.

Un modèle productif (de valeur) ne se réduit pas au type de travail développé en atelier. Il est un ensemble de principes, de dispositifs et de pratiques, dans les domaines de la politique-produit, de l’organisation productive et de la relation salariale, qui tiennent leur cohérence du compromis construit entre les principaux acteurs de l’entreprise, pour exploiter les sources de profit possibles et compatibles dans un type de contexte concurrentiel et national. C’est chaque modèle productif (de valeur) qui donne un sens et un contenu différents au travail à la chaîne, comme aux autres dispositifs, et non le travail à la chaîne qui rend semblable ou voisin les modèles qui y recourent dans les ateliers.

La notion de « mode de croissance » et de distribution du revenu national a été élaborée pour désigner ce qui a été nécessaire et suffisant pour que se développent les « stratégies de profit » observées dans les pays remplissant ces conditions . Dans le schéma d’analyse, le lien contexte-stratégie a été privilégié.

En revanche, le lien contexte-moyens choisis reste à explorer. Son exploration peut modifier, voire remettre en cause le schéma d’ensemble. Comment le contexte institutionnel et culturel particulier à un pays influe sur le choix des moyens adoptés par les acteurs pour mettre en œuvre la stratégie de profit adoptée : aussi bien dans le domaine de la relation salariale que de l’organisation productive ?

Dans le schéma d'analyse, les « modes de croissance » nationaux sont chapeautés par le terme commun de « régime international ». Qu’est-ce à dire ? Les dix dernières années sont un bon exemple pour commencer à expliciter les liens entre modèles nationaux et régime international. Sur l’impulsion d’un certain nombre de pays, particulièrement de la puissance économique, politique et militaire dominante, les Etats-Unis, des mesures de libéralisation de la circulation des capitaux ont été prises, ainsi que des mesures visant à réduire la part de la dépense publique et à « flexibiliser » le marché du travail. Ces mesures auraient permis le développement impétueux des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, et ce faisant auraient été à l’origine d’un long cycle de croissance aux Etats-Unis, au point que l’on en est venu à parler d’un modèle anglo-saxon. L’actionnaire, longtemps confiné à un rôle subalterne, serait parvenu à faire reconnaître ses droits légitimes à une rémunération de son capital à la hauteur des profits réalisables. En exigeant des taux élevés, il allait contraindre l’entreprise à adopter les « meilleures pratiques », au bénéfice de tous. Il ne fait pas de doute que ce « modèle » a été dans de nombreuses têtes, et qu’il a été adopté par nombre d’entreprises, au-delà des Etats-Unis.

Depuis l’éclatement de la bulle de la « nouvelle économie », la situation apparaît plus clairement. Un nouveau régime international, c’est-à-dire un ensemble de règles communes régissant les rapports entre pays aux « modes de croissance » différents, a bien essayé de s’imposer, sous couvert de mondialisation inéluctable et souhaitable. Ces règles communes ont modifié, voire ont mis en crise, certains « modes de croissance » nationaux (Japon, Allemagne, etc.). Oui, dans tous les pays, des « élites » locales ont prôné le modèle anglo-saxon, et ont réussi à faire passer certaines mesures.

Mais deux phénomènes se sont produits. Le premier phénomène a été d’une part la résistance d’une partie des populations concernées à la poursuite de la dérégulation et à la mondialisation libérale, et d’autre part la volonté de certaines régions du monde d’avoir des rapports plus équilibrés avec les Etats-Unis. Le second phénomène, lui, a été décisif. Le nouveau régime international était en effet auto-destructeur. Le gigantesque effondrement des valeurs boursières auquel nous venons d’assister a obligé beaucoup à remettre les pieds sur terre. Face à toute tendance nouvelle, il faut se rappeler que, non seulement elle a des conditions de possibilité qui en limitent le prolongement, mais qu’elle est aussi porteuse de ses propres contradictions.

Plan

1. Éléments pour un bilan…d’étape du GERPISA
1.1. Une accumulation inégalée de travaux de sciences sociales sur un même terrain, dont l’étude est loin cependant d’être achevée
1.2. Un changement de paradigme, qui nous permet de réinterroger les matériaux accumulés et de mener différemment de nouvelles enquêtes
1.3. Une nouvelle question de recherche à documenter et si possible à dépasser : les origines et les limites de la diversité des modèles productifs
2. Le GERPISA doit-il et peut-il aller au-delà du constat que ces membres donnent des explications différentes aux origine et aux limites de la diversité des modèles productifs?
2.1. Pourquoi faudrait-il poursuivre la recherche sur les conditions et les moyens de pérennité des firmes ?
2.2. Les illusions du travail solitaire et ses dangers pour la recherche et les chercheurs
3. La mise en œuvre du paradigme de la diversité limitée et renouvelée
3.1. Sous des tendances apparemment générales, la diversité des trajectoires
3.2. Techniques et méthodes de l’analyse en « différences limitées et renouvelées »
4. Des suggestions de réponses
4.1. La diversité des modèles productifs ne veut pas dire, bien sûr, que les mêmes modèles se perpétuent
4.2. Le régime international
4.3. Les paradigmes productifs communs
4.4. Les périodes historiques
Conclusion

Mots-clés

Automobile, GERPISA, modèle japonais, lean production, modèle anglo-saxon, nouvelle économie, fusions, acquisitions, alliances, globalisation, stratégie de profit, histoire des entreprises, théorie de la firme, modèles productifs, Fordisme, modèle fordien, Taylorisme, modèle taylorien, modèle sloanien, Toyotisme, division du travail, régime international, mode de croissance, distribution du revenu national, luttes sociales, rapport social, dérégulation, libéralisation des échanges, diversité limitée et renouvelée, démarche de recherche

Disciplines concernées

Économie, Géographie, Gestion, Histoire, Sciences du politique, Sociologie.

Contexte d’écriture

Contribution
à l’évolution du questionnement personnel
à la production scientifique du réseau ou du laboratoire d’appartenance
au débat scientifique national et international
à la diffusion des résultats de la recherche
à la valorisation des résultats de la recherche

Références, commentaires, notes critiques

Pertinence actuelle

Voir aussi

Site possible d’achat ou de commande en ligne de la publication papier

http://www.gerpisa.univ-evry.fr/

Date de la dernière mise à jour de la fiche de présentation

2006.06.08

Dates de la mise en ligne des documents

2006.06.08, Freyssenet M., « Origines et limites de la diversité des modèles productifs . Questions de recherche et d’organisation de la recherche », in Freyssenet, M., Lung, Y. (dir.), Actes de la Onzième Rencontre Internationale du GERPISA, "Les acteurs de l’entreprise à la recherche de nouveaux compromis ?", 11-13 juin 2003, Ministère de la Recherche, Paris, Cédérom.

Freyssenet M., « The Origins and the Limits of the Productive Models Diversity. Research questions and research organization problems », Diapositives pour l’exposé oral, Onzième Rencontre Internationale du GERPISA, "Les acteurs de l’entreprise à la recherche de nouveaux compromis ?", 11-13 juin 2003, Ministère de la Recherche, Paris.

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