Volvo-Uddevalla, questions ouvertes par une usine fermée

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Référence du numéro et de l’avant-propos

Freyssenet M. (dir.), “Volvo-Uddevalla, questions ouvertes par une usine fermée”, Actes du GERPISA, n°9, mars 1994, 203 p. Avant propos pp 7-10. ISSN :0981-5597. Éditions numériques, gerpisa.univ-evry.fr, 2001, 20 Ko; freyssenet.com, 2006, 80 Ko.

L’avant propos du numéro est téléchargeable en allant à la fin de cette page. Le numéro en entier l’est à :
http://www.univ-evry.fr/PagesHtml/laboratoires/ancien-gerpisa/actes/9/index.html

Résumé

Il peut paraître pour le moins surprenant et hasardeux de s’interroger sur un possible modèle productif uddevallien viable, fondé sur le montage en station fixe de véhicules complets par deux ou quatre ouvriers, alors que Volvo vient de fermer l’usine dans laquelle ce mode d’assemblage a été conçu.

Nous suggérons, malgré tout, de ne pas fermer le dossier prématurément. C’est le rôle et le devoir de la recherche (mais aussi le privilège d’en avoir la possibilité et la liberté) que de mettre sous examen les évidences partagées depuis des décennies ou bien les certitudes trop vite acquises, surtout lorsqu’elles participent de l’air du temps. Les textes réunis dans ce numéro laissent à penser qu’il serait prudent de procéder à une analyse approfondie de ce qu’a été Uddevalla, pour ne pas prendre le risque de passer à côté d’innovations majeures pour les entreprises et leurs salariés, et de changements paradigmatiques pour les chercheurs.

L’organisation uddevallienne ne serait pas un retour à l’artisanat ou un néo-artisanat, qui suspendrait ou récuserait le progrès technique. Sa première application pourrait être décrite comme une façon différente de marier activité manuelle, mécanisation et automatisation, laissant au producteur direct la part complexe du processus productif, dont dépend la qualité du produit et la flexibilité de la production. Ces traits, s’ils étaient bien ceux du système mis en oeuvre à Uddevalla, prendraient une résonance et une actualité particulières, au moment où le modèle toyotiste rencontre des difficultés à se perpétuer dans ses principes et emprunte des innovations suédoises, comme cela a été exposé dans le numéro précédent des Actes.

Un premier texte, d’Elsie Charron et Michel Freyssenet, “L’usine d’Uddevalla dans la trajectoire de Volvo”, cherche à rassembler toutes les informations disponibles pour avoir la représentation la plus exacte possible de ce que l’usine d’Uddevalla a pu être.

La parole est donnée ensuite à trois chercheurs suédois: Kajsa Ellegard (du Département de Géographie humaine et économique de l’Université de Göteborg), Tomas Engström (du Département de Logistique de l’Université Chalmers de Technologie de Göteborg) et Lennart Nilsson (du Département de l’Education et de Recherche en Education de l’Université de Göteborg). Les deux derniers ont fait partie de l’équipe-projet de l’usine d’Uddevalla et sont les principaux auteurs des innovations caractérisant cette usine.

Le troisième texte, “Reflective Production in the Final Assembly of Motor Vehicles.An Emerging Swedish Challenge”, a été écrit par Kajsa Ellegard et Tomas Engström avec deux autres chercheurs, Dan Jonsson du Département de Sociologie de l’Université de Göteborg et Lars Medbo du Département de Logistique de l’Université Chalmers de Technologie à Göteborg, et un cadre de l’usine Volvo d’Uddevalla, Bertil Johansson. Ils confrontent tout d’abord les principes du modèle productif d’Uddevalla, qu’ils appellent “Production réflexive”, à ceux de la “Production de masse” et de la “Production au plus juste ».

Christian Berggren, du Département des Sciences du travail de l’Institut Royal de Technologie de Stockholm, critique l’appréciation portée par les auteurs du livre “Le système qui va changer le monde” sur l’usine d’Uddevalla dans un quatrième texte, intitulé “Volvo Uddevalla, a dead horse or a car dealer’s dream. An evaluation of the economic performance of Vovo’s unique assembly plant 1989-1992”. Il montre les avantages économiques du système uddevallien et il fournit des informations chiffrées sur différents aspects de la performance économique de l’usine d’Uddevalla.

Ake Sandberg, du Swedish Center for Working Life de Stockholm, conteste, dans un texte plus polémique, “Volvoism, at the End of the Road? Does the closing-down of Volvo’s Uddevalla plant mean the end of a human-centered alternative to Toyotism?”, les raisons données à la fermeture de l’usine et avance une explication, qui nous renseigne sur le débat public et les tensions qui se sont développés en Suède autour de Volvo et de son avenir, ces deux dernières années.

Dans le dernier texte de ce numéro “Uddevalla, analyseur du fordisme et du, toyotisme”, Michel Freyssenet essaie de comprendre tout d’abord comment il est possible que deux ouvriers, après quelques mois de formation et de pratique puissent monter des véhicules complets, variantes comprises, dans des temps alloués inférieurs au temps de montage sur chaîne des mêmes véhicules. Il passe ensuite en revue les raisons structurelles pour lesquelles le montage complet en station fixe offre des perspectives de performance globale supérieures à celles escomptables des autres modèles productifs connus, tout en rappelant les conditions sociales et politiques de possibilité d’un tel modèle. Enfin, il avance la thèse selon laquelle le modèle uddevallien supprime les problèmes structurels du fordisme, dont le modèle toyotiste ne fait finalement que limiter les conséquences contre-productives dans un marché de renouvellement.

Plan

1. Avant-propos, Michel Freyssenet

2. L’usine d’Uddevalla dans la trajectoire de Volvo, Elsie Charron et Michel Freyssenet

3. La réforme du travail industriel. Principes et réalités de la planification de l’usine de montage d’automobiles Volvo à UddevallaKajsa Ellegard, Tomas Engström, Lennart Nilsson

4. Reflective production in the final assembly of moter vehicles. An emerging swedish challenge, Kajsa Ellegard, Tomas Engström, Berttil Johansson, Mats I. Johansson, Dan Jonsson, Lars Medbo

5. Volvo Uddevalla, a dead horse or a car dealer’s dream, Christian Berggren

6. « Volvoism » at the end of the road ?Ake Sandberg

7. Volvo-Uddevalla, analyseur du fordisme et du toyotisme, Michel Freyssenet

8. Note de lecture

9. Le GERPISA

Mots-clés

Automobile, Volvo, Uddevalla, montage automobile, production réflexive, modèles productifs, relation salariale, division du travail, organisation du travail, réforme du travail, compétence, implication, formation, cognition, inversion de la division intellectuelle du travail

Disciplines concernées

Anthropologie, Économie, Ergonomie, Gestion, Histoire, Histoire des Sciences et des Techniques, Sciences cognitives, Science de l’ingénieur, Science du politique, Sociologie.

Contexte d’écriture

Contribution
à l’évolution du questionnement personnel
à la production scientifique du réseau ou du laboratoire d’appartenance
au débat scientifique national et international
à la diffusion des résultats de la recherche
à la valorisation des résultats de la recherche

Références, commentaires, notes critiques

Pertinence actuelle

Voir aussi

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http://www.gerpisa.univ-evry.fr/

Date de la dernière mise à jour de la fiche de présentation

2006.04.28

Date de mise en ligne du texte

2006.04.28, Freyssenet M. (dir.), “Volvo-Uddevalla, questions ouvertes par une usine fermée”, Actes du GERPISA, n°9, mars 1994, 203 p. Avant propos pp 7-10.

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