Les conducteurs d'unités automatisées

Références des différentes versions

Freyssenet M., “Les conducteurs confirmés d’unités automatisées”, Actes du GERPISA, n° 2, 1986, pp 75-93. Édition numérique, freyssenet.com, 2006, Ko.

Freyssenet M., “Les conducteurs d’unités automatisées : qualification réelle et devenir” communication au Colloque international « Automatisation programmable et usages du travail », Ministère de la Recherche, Paris, 2-4 avril 1987, 18 p. Édition numérique, freyssenet.com, 2006, 212 Ko.

L'article paru dans les Actes du GERPISA en 1986 a été repris, modifié et augmenté pour une communication à un colloque en 1987. Les Actes de ce colloque n'ont jamais été publiés. Le résumé et le plan ci-dessous sont ceux de la communication. Elle est téléchargeable en allant à la fin de cette page.

Résumé

Au cours des années quatre-vingts, les usines de la Régie Renault ont été le lieu d'expériences variées et innovantes de réorganisation du travail, lors de la mise en place de moyens de production automatisés, visant à obtenir un taux d'engagement élevé de ces derniers

L'une de ces formules, la constitution d'équipe de "conducteurs confirmés d'unités auto¬matisées" (les CCUA), promue par la direction de l'usine du Mans, mérite une attention particulière. Elle est la plus répandue. Elle a été une des références lors du réaménage¬ment de la grille de classifications de l'entreprise. Elle se présente comme permettant une requalification importante des agents de fabrication tout en préservant l'autonomie et la professionnalité des agents d'entretien. Qu'en est-il vraiment? Quelle est la com¬pétence réelle des conducteurs, au-delà de leur classification et de leurs attributions offi¬cielles, comparativement à celle des agents productifs (A.P., anciennement appelés O.S.) sur machines-outils spéciales ou sur machine transfert? Quel est le devenir de cette organisation du travail, compte tenu de la poursuite du processus d'automatisation et d'intégration de la production dans sa forme sociale actuelle ?

Ces questions n'ont de réponses fécondes et clairvoyantes que si l'on s'attache à repla¬cer le cas étudié dans l'histoire sociale de l'entreprise et dans le mouvement d'ensemble de la division technique et organisationnelle du travail.

La requalification des agents de fabrication que l'on observe dans le cas étudié est donc relative en cela qu'elle n'est pas constituée par la somme des compétences requises des anciennes catégories dont les fonctions ont été fusionnées dans les attributions des conducteurs. Elle n'est faite que de ce qui reste de ces compétences après automatisa¬tion (dans sa forme sociale actuelle). Or un rassemblement de morceaux d'activités anté¬rieures ne peut faire un métier, dans la mesure où il ne permet pas d'acquérir une intel¬ligence et une maîtrise directe de l'installation.

La requalification des agents de fabrication est également temporaire. Les automatismes en cours de conception ont pour but de se substituer aux opérations de conduite, de contrôle et de surveillance que doivent encore effectuer les conducteurs. Si la forme sociale actuelle d'automatisation perdure, le maintien de la requalification des agents de fabrication ne semble pouvoir se faire qu'en leur confiant de plus en plus de tâches d'entretien, au détriment des agents d'entretien, tant en ce qui concerne leur volume de travail donc leur effectif, qu'en ce qui concerne la compétence requise.

Une telle évolution de la ‘requalification’ des agents de fabrication n'amorcerait-elle pas la division du travail d'entretien ? S'il en était ainsi, et d'autres formes d'organisation du travail observées le laissent à penser, com¬ment ne pas interpréter le fait comme la poursuite de la division intellectuelle du travail?

Plan

1. Genèse d'une nouvelle forme d'organisation du travail et d'une nouvelle catégorie de travailleurs
2. Les deux moments de l'analyse de l'évolution du niveau de compétence requis par le travail, avant et après changement technique
3. Le contenu du travail de fabrication et d'entretien tel que redéfini et redélimité par le type d'automatisation mise en oeuvre, avant tout choix de répartition et d'organisation de ce travail
3.1. Il persiste des tâches très parcellisées, partiellement ou totalement liées au rythme de l'unité et généralement fatigantes
3.2. Des tâches sont simplifiées et écourtées
3.3. Des tâches sont inchangées pour l'instant
3.4. Des tâches anciennes sont rendues plus délicates et complexes
3.5. Des tâches nouvelles apparaissent, requerrant des qualifications nouvelles et supé¬rieures
3.6. En conclusion, une division "matérialisée" du travail accrue
4. La répartition réelle du travail entre conducteurs, et entre ces derniers et les agents d'entretien
4.1. Les activités réelles des CCUA
4.2. Les activités réelles des ouvriers d'entretien
5. L'avenir des « conducteurs confirmés d’unités automatisées »
6. En définitive, une requalification relative et temporaire des agents de fabrication

Mots-clés
Automobile, Renault, relation salariale, travail, division du travail, organisation du travail, conditions de travail, qualification, savoir-faire, compétence, implication, formation, classification des emplois, emploi, relations industrielles

Disciplines concernées

Anthropologie, Économie, Ergonomie, Gestion, Histoire, Histoire des Sciences et des Techniques, Science de l’ingénieur, Science du politique, Sociologie,

Contexte d’écriture

Contribution
à l’évolution du questionnement personnel
à la production scientifique du réseau ou du laboratoire d’appartenance
au débat scientifique national et international
à la diffusion des résultats de la recherche
à la valorisation des résultats de la recherche

Références, commentaires, notes critiques

Pertinence actuelle

Voir aussi

✔ Freyssenet M., “Evolution du contenu et de l’organisation du travail à Renault Le Mans”, Paris, CSU, 1983, 60 p.

✔ Freyssenet M., Claude Lefèbvre, Olivier Bertrand, Jacques Merchiers “Automatisation, travail et formation dans l’industrie automobile”, Collection des Études n°18, CEREQ-OCDE, 1985, pp 17-47.

✔ Freyssenet M., « Évolution du contenu et de l’organisation du travail d’usinage »,, CSU, Paris, 1985, 84 p. Édition numérique, freyssenet.com, 2006, 4 Mo.

Dates de mise en ligne des versions téléchargeables

2006.03.26

Date des mises à jour

2013.07.16

Fichier attachéTaille
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