Division du travail, taylorisme et automatisation

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Référence des différentes versions

Freyssenet M., “Division du travail, taylorisme et automatisation. Confusions, différences et enjeux”, Colloque international sur le Taylorisme, 2- 4 mai 1983, CNRS, Paris, 11 p. Édition numérique, freyssenet.com, 2006, 216 Ko.

Freyssenet M., “Division du travail, taylorisme et automatisation: confusions, différences et enjeux”, in M. de Montmollin, O. Pastré (dir.), Le Taylorisme, Paris, La Découverte, 1984, pp 321-333. Version écourtée de Freyssenet M., “Division du travail, taylorisme et automatisation. Confusions, différences et enjeux”, communication présentée au colloque international sur le Taylorisme, 2- 4 mai 1983, CNRS, Paris, organisé par M. de Montmollin et O. Pastré (Paris XIII), 11 p.

Le premier texte est téléchargeable en allant à la fin de cette page.

Le deuxième texte est la version écourtée de la communication présentée au colloque sur le Taylorisme.

Résumé

La question de l’avenir du taylorisme a peu de chance de trouver une réponse utile tant l’usage fait du mot est devenu large et divers. Le taylorisme est vidé de toute spécificité historique et de tout intérêt analytique quand il est assimilé à la parcellisation des tâches ou bien à la division entre les tâches de conception et les tâches d’exécution, ou bien encore à l’expropriation du savoir-faire ouvrier. Il n’a été qu’un moment et une forme du mouvement général de la "division de l’intelligence du travail", dans le cadre d’un rapport social particulier historiquement récent, le rapport capital-travail. Sa spécificité a été d’affirmer qu’il était possible, grâce à sa méthode et ses techniques, de faire déterminer scientifiquement et donc impartialement par une catégorie particulière de salariés, les préparateurs du travail, quels étaient le meilleur travailleur, le meilleur outil et la meilleure façon pour faire toute chose, et que l’entreprise qui s’organise sur ses principes peut réconcilier en les satisfaisant les intérêts apparemment antagonistes de ses dirigeants et de ses employés.

La question aujourd'hui n’est donc pas « quel est l’avenir du taylorisme ? », mais « est-ce que le mode de division du travail séparant socialement la conception de l’exécution est toujours à l’oeuvre dans les nouvelles formes d’organisation du travail et dans les installations automatisées telles qu’elles sont conçues aujourd’hui? ». Si l’automatisation, dans la forme sociale qui lui est donnée, exige un langage nouveau, celui-ci n’en est pas pour autant complexe. Si elle supprime certaines tâches déqualifiées et répétitives, elle ne laisse pas pour autant subsister en l’état les tâches et fonctions requérant antérieurement une qualification réelle. Si elle est conciliable avec des organisations du travail différentes, ce n’est pas en raison d’une souplesse que n’aurait pas eu précédemment la mécanisation, ou bien d’une neutralité sur les choix d’organisation, ou bien encore en raison d’une malléabilité en fonction de ces choix. Plusieurs exemples données dans l’article montrent que les techniques productives telles qu'elles sont socialement conçues affectent le contenu du travail par les fins et les modalités qui président à leur conception.

Plan

1. Plusieurs définitions du taylorisme le vident de toute spécificité historique et de tout intérêt analytique
2. L’automatisation requiert-elle de la part des opérateurs une qualification élevée, voire un « haut niveau intellectuel » ?
3. L’automatisation permet-elle par la souplesse qui la caractériserait de choisir entre plusieurs organisations et contenus du travail
4. Du rejet nécessaire du déterminisme technologique à la réapparaition de la thèse de la neutralité sociale des techniques de production
Conclusion

Mots-clés
Division du travail, automatisation, taylorisme, organisation du travail, conditions de travail, qualification, savoir-faire, classification des emplois, relation salariale, organisation productive, travail, Automobile, Transport.

Disciplines concernées
Économie, Ergonomie, Gestion, Histoire, Histoire des Sciences et des Techniques, Sciences cognitives, Science de l’ingénieur, Science du politique, Sociologie.

Contexte d’écriture

Contribution
à l’évolution du questionnement personnel
à la production scientifique du réseau ou du laboratoire d’appartenance
au débat scientifique national et international
à la diffusion des résultats de la recherche
à la valorisation des résultats de la recherche

Références, commentaires, notes critiques

en cours de recension

compte-rendu
note critique
notice bibliographique
commentaire
- Zarifian Ph., La nouvelle productivité, L’Harmattan, Paris, 1990,
http://books.google.fr/books?id=wjvSqg_-VTwC&printsec=frontcover#v=onepage&q=Freyssenet&f=false
- Boucher J., Théorie de la régulation et rapport salarial, Cahiers du Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES), Québec, 1990, 95 p.
- Lojkine J., Le tabou de la gestion: la culture syndicale entre contestation et proposition, les Éditions de l’Atelier/Les Éditions Ouvrières, Paris,1996, 264 p.

quelques citations

Pertinence actuelle

Voir aussi

Freyssenet, M., “Taylorisme”, in Cordellier, S. (dir.), Le Dictionnaire historique et géopolitique du XXème siècle, La Découverte, 2000, pp 661-662. Nouvelles éditions en 2002, 2003, 2005. Édition italienne : Bruno Mondadori, Milano, 2001.

Freyssenet, M., « Taylorisme :us et abus d’un terme », La Lettre du CSU, mai 2003, pp 7-8. Éditions numériques, csu.cnrs.fr, 2003 ; freyssenet.com, Paris, 2006, 104 Ko.

Boyer R., Freyssenet, M., “Le changement de sens du terme taylorisme”, (extrait de Les Modèles productifs), in Combemale P., Piriou J.P.(dir.), Nouveau manuel de Sciences économiques et sociales, La Découverte, Paris, 2004.

Date de mise en ligne
2006.02.15

Date des mises
2011.04.09, 2015.09.13

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