Invention, centralité et fin du travail

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Références des différentes versions

Freyssenet M., Freyssenet M., “L’invention du travail”, Actes du Colloque Interdisciplinaire « Travail: recherche et prospective », CNRS/PIRTTEM, Lyon, 1992, pp 65-74.

Freyssenet M., "L’invention du travail”, in Futur antérieur, n°16, 1993/2, pp 17-27. Édition électronique, 1993, http://multitudes.samizdat.net//rubrique.php3?id_rubrique=237 , 64 ko.

Freyssenet M., “Historicité et centralité du travail”, in Jacques Bidet, Jacques Texier (dir.), La crise du travail, PUF. Paris, 1995, pp 227-244.

Freyssenet M.,"Emergence, Centrality and End of Work”, Current Sociology, 1999, vol 47, n°2, pp 5-20. Téléchargeable à http://www.copenhagenfreeuniversity.dk/mirror/Freyssenet.pdf

Freyssenet M., « Invention, centralité et fin du travail », CSU, Paris, 1999, 15 p. Édition électronique, freyssenet.com, 2006, 254 Ko. Version française initiale non écourtée du précédent article.

Elle est téléchargeable en allant à la fin de cette page.

Il s'agit, sous des titres quelque peu différents, du même texte, développé et adapté ou traduit d'une version à l'autre. Le premier article est lui-même, comme indiqué en note, une adaptation au thème du travail du texte "le rapport capital-travail et l’économique". Il a été publié deux fois. Présenté le 24 février 1992 au séminaire “Le concept de travail au seuil du XXIème siècle” animé par Toni Negri et Jean Marie Vincent (Université Européenne de Recherche et Université de Paris VIII), il a été retenu pour le numéro de la revue Futur Antérieur intitulé "Paradigmes du travail", coordonné par Helena Hirata. Entre temps il avait été donné comme contribution au groupe de travail "Le concept de travail" constitué pour préparer le colloque CNRS/PIRTTEM "Travail: recherche et prospective", Lyon, 30 novembre-2 décembre 1992, et à ce titre publié dans les Actes de ce Colloque.

Le deuxième texte a d'abord été présenté au colloque "La crise du travail" organisé par la revue Actuel Marx le 29 janvier 1994, puis publié en 1995 dans l'ouvrage du même nom aux PUF, sous la direction de Jacques Bidet et Jacques Texier. Il a bénéficié d'apports du groupe de travail "Le concept de travail", précédemment mentionné. Comme indiqué en introduction, il est constitué de cinq paragraphes, les deux premiers issus du texte "Le rapport capital-travail et l'économique", les deux suivants du texte "L'invention du travail", le dernier étant nouveau.

Le troisième texte, notamment dans sa version française initiale non écourtée, est la reprise du deuxième texte, avec des actualisations et quelques modifications. La version anglaise plus courte a été publiée dans un numéro de Current sociology intitulé "Which Way Forward for the Sociology of Work?", coordonné par Juan José Castillo. Le plan donné ci-dessous est celui de la version française initiale.

Résumé

Alors qu’il nous semble inhérent à la condition humaine, le travail apparaît non seulement comme un mot et une notion historiquement datés, mais aussi comme une réalité inventée, construite par le XVIIIe siècle européen. Il correspondrait à l’émergence du rapport capital-travail et du travailleur libre vendant sa capacité de travail. La diffusion et l’hégémonie progressive de ce rapport social, qui se traduisent par le fait qu’il est devenu la référence pour percevoir, penser, organiser toute autre activité, auraient eu pour conséquence une extension de l’appellation "travail" à des activités qui ne relèvent pas du rapport salarié, comme “travail domestique”, “travail des indépendants”... Il en serait résulté une naturalisation du travail, dès lors perçu comme une réalité universelle et existant depuis toujours. Comme pour l’économie, on aurait projeté sur le passé et sur d’autres sociétés cette réalité contemporaine et à l’origine géographiquement circonscrite qu’est le travail, au lieu d’en rendre compte par les conditions historiques et non nécessaires qui l’ont faite émerger il y a trois siècles. Il n’aurait pas été non plus d’emblée central socialement, comme il l’est devenu aujourd’hui en étant la condition d’accès aux ressources nécessaires à la vie dans nos sociétés. Si son historicité implique logiquement sa disparition un jour, celle-ci ne peut raisonnablement être pronostiquée dans un avenir immédiat, car elle suppose la marginalisation du rapport social qui l’a fait naître par un autre rapport social devenu à son tour hégémonique.

Plan

1. Le travail n’a pas toujours existé. Il a été inventé
1.1. Seules nos sociétés distinguent le travail des autres activités
1.2. Retenir l’hypothèse du dévoilement du travail et de l’économique par le rapport capital-travail et donc de leur universalité suppose de faire sien un matérialisme naturaliste aujourd’hui intenable
2. Le rapport capital-travail et le travail que ce rapport a historiquement engendré ne sont pas liés conceptuellement à la production matérielle
3. La diffusion du rapport capital-travail et l’universalisation naturaliste du travail
4. Le travail est devenu aujourd’hui central parce que le rapport social qui l’a créé se diffuse dans toutes les activités et parce que ce rapport est “totalement social”.
5. Le travail est-il en voie de perdre la centralité qu’il a acquise? N’est-il plus au fondement du lien social?
Conclusion

Mots-clés

Travail, division du travail, rapport social, rapport capital-travail, Marx.

Disciplines concernées

Économie, Histoire, Sociologie, Anthropologie, Philosophie.

Contexte d’écriture

Contribution
à l’évolution du questionnement personnel
à la production scientifique du réseau ou du laboratoire d’appartenance
au débat scientifique national et international
à la diffusion des résultats de la recherche
à la valorisation des résultats de la recherche

Références, commentaires, notes critiques

en cours de recension

compte-rendu
note critique
notice bibliographique
commentaire

- Jean-Marie Harribey, « Travail, emploi, activité : essai de clarification de quelques concepts », Economies et Sociétés, Série « Economie du travail », A.B., 1998, n° 20, 3, p. 5-59. http://www.ismea.org/ismea/ecotrav.20.html
- Friot B., Rose J. « L’emploi en débat », in Amar Abdelmoumène, La construction sociale de l’emploi en France, L’Harmattan, Paris, 1996, 296 p.
http://books.google.fr/books?hl=fr&lr=&id=41OVuuYIQ_kC&oi=fnd&pg=PA9&dq
- Bernard Balzani, Insertion par l’activité économique et gestion de la, précarité : l’exemple du dispositif des associations intermédiaires, thèse en sociologie, Université de Nancy 2, 2003, 575 p.
http://cyberdoc.univ-nancy2.fr/htdocs/docs_ouvert/doc80/2003NAN21007.pdf

quelques citations

Pertinence actuelle

Voir aussi

Freyssenet M., “Les énigmes du travail. Quelques pistes nouvelles de conceptualisation du travail”, in Actes du Colloque interdisciplinaire CNRS-PIRTTEM “Travail: bilan et perspectives”. PIRTTEM, CNRS, 1992, pp 5-20. Édition numérique freyssenet.com, 2006, 204 Ko.

Freyssenet M., “Quelques pistes nouvelles de conceptualisation du travail”, in Desmarez P., Freyssenet M. (dir.), “Les énigmes du travail”, n° hors série de Sociologie du Travail, 1994, pp 105-122. Version modifiée et développée de Freyssenet M., “Les énigmes du travail. Quelques pistes nouvelles de conceptualisation du travail”, in Actes du Colloque interdisciplinaire CNRS-PIRTTEM “Travail: bilan et perspectives”. PIRTTEM, CNRS, 1992, pp 5-20.

Freyssenet M., “Los enigmas del trabajo: nuevas pistas para su conceptuacion”, Economia y Sociologia del Trabajo, Madrid, n°23/24, mars-juin 1994, pp 63-71. Version en espagnol de Freyssenet M., “Quelques pistes nouvelles de conceptualisation du travail”, in Desmarez P., Freyssenet M. (dir.), “Les énigmes du travail”, n° hors série de Sociologie du Travail, 1994, pp 105-122.

Dates de mise en ligne

2006.02.27

Date des mises à jour

2006.02.27, 2007.07.24, 2010.10.29, 2011.04.09, 2015.08.21

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