Le travail en groupe en France: le cas Renault

Référence du texte

Freyssenet M., Le travail en groupe en France: le cas Renault, in Seul, O. (dir.), Démarches participatives et travail en groupe: l’impact du modèle japonais sur l’organisation et les relations de travail en France et en Allemagne, Paris, Chlorofeuilles, 1998, pp 164-183. Édition numérique, freyssenet.com, 2015, 86 Ko, ISSN 7116-0941.

Ce texte peut être téléchargé en allant à la fin de cette page.

Écrit et remis fin 1994, il n'a été publié qu'en 1998 ! Il est la version modifiée et développée d’une communication publiée en anglais sous le titre “The Origins of Team Work at Renault” in Ake Sandberg (ed) Enriching Production. Avebury, Aldershot, UK.1995.

Résumé

Le travail en groupe est apparu chez Renault dans les années 70 comme une tentative de réformer le travail, particulièrement le travail de montage sur chaîne. Il a été contesté parce qu’il remettait en cause les principes industriels de base que sont la décomposition du travail en opérations additives et le flux continu. L’enrichissement du travail et la création d’une carrière professionnelle pour les ouvriers non-qualifiés sont toutefois restés une préoccupation de l’entreprise.
De nouveaux problèmes se sont posés avec l’automatisation de certains ateliers, en raison de la forme donnée à cette automatisation: travail en continu, tâches hétérogènes, partielles et n’occupant pas une personne à plein temps, dépannage rapide. Le travail en groupe a été alors vu comme pouvant permettre de faire admettre ces nouvelles normes de travail dans les ateliers automatisés et d’offrir un travail enrichi et une carrière ouvrière.
La réussite de certaines des organisations mises en place, la réduction du nombre de poste de travail qu’elles permettent, la nécessité de mobiliser le personnel pour améliorer les performances, les changements d’alliance avec les syndicats ont conduit à un consensus sur le travail en groupe et sur sa généralisation à tous les ateliers, automatisés ou non, chacun privilégiant cependant tel ou tel aspect ou objectif. Ce faisant, la définition qui en est donnée et l’application qui en est faite tend à faire disparaître des formules plus audacieuses mises en place au début des années quatre-vingts, tant du point de vue de la fonction d’animateur de groupe que de la relation avec la maintenance. Les écarts entre la définition officielle et la réalité résultent moins des lenteurs et des résistances inévitables que du contenu différent que lui donnent les différents acteurs. La non perception de la nécessité de mettre en cohérence les choix techniques, gestionnaire et sociaux avec cette forme générale d’organisation du travail en est une deuxième raison.
Alors que le travail en groupe a été et demeure pour les constructeurs japonais un des moyens pour obtenir des salariés qu’ils participent à l’accroissement de la productivité, de la qualité et de la flexibilité et non pour répondre à une désaffection vis à vis du travail industriel comme cela a été le cas pour Volvo, la préoccupation d’enrichir le travail et d’offrir une carrière ouvrière reste chez Renault une des dimensions essentielles du choix fait pour cette forme d’organisation du travail, même si d’autres considérations et impératifs sont venues la conforter, la redéfinir et la justifier aux yeux de tous.
La dynamique organisationnelle et sociale qui pourrait théoriquement être engendrée par les UET et qui est souhaitée par quelques dirigeants rencontrera toutefois une limite. Si elle s’enclenchait, elle remettrait en cause les principes industriels de base d’additivité et de linéarité, conséquence logique de la recherche des causes premières des dysfonctionnements de la production séquentielle. Elle provoquerait alors un débat difficile au sein de l’entreprise, comme dans les années soixante-dix.

Plan

Mots-clés

Industrie automobile, Renault, travail en groupe, démarches participatives

Disciplines concernées

Anthropologie, Économie, Ergonomie, Géographie, Gestion, Histoire, Histoire des Sciences et des Techniques, Science de l’ingénieur, Science du politique, Sociologie

Contexte d’écriture

Publié en 1998, ce texte a été écrit pour l’essentiel en 1994. À ce moment-là, nous n’avions pas encore clairement pris conscience de la portée de la crise du travail en 1990 chez Toyota et de l’hétérogénéité des organisations du travail des constructeurs japonais. Nous leur prêtions encore de larges traits communs.

Contribution
à l’évolution du questionnement personnel
à la production scientifique du réseau ou du laboratoire d’appartenance
au débat scientifique national et international
à la diffusion des résultats de la recherche
à la valorisation des résultats de la recherche

Références, commentaires, notes critiques
en cours de recension

compte-rendu
note critique
notice bibliographique
commentaire
quelques citations

Pertinence actuelle

Voir aussi

Date de la mise en ligne du texte

2015.08.24

Dates des mises à jour

Fichier attachéTaille
Le travail en groupe en France, le cas Renault.pdf176.17 Ko