Le concept de rapport social, comme socle possible et acceptable d’une approche intégrée en sciences sociales

Référence du texte

Freyssenet M., Le concept de rapport social, comme socle possible et acceptable d’une approche intégrée en sciences sociales, Colloque International Recherche&Régulation 2015 « La théorie de la régulation à l’épreuve des crises », Paris : 10-12 juin . Éditions numériques, freyssenet.com, 2015, 1,21 Mo, ISSN 1776-0941.

Freyssenet M., Slides presentation : The social nexus concept, as a credible and acceptable base for a common social sciences approach, Colloque International Recherche&Régulation 2015 « La théorie de la régulation à l’épreuve des crises », Paris : 10-12 juin . Éditions numériques, freyssenet.com, 2015, 1,21 Mo, ISSN 1176-0941.

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Résumé

Toutes les sciences sociales et la plupart des courants théoriques utilisent le terme de « rapport social », mais aucun n’en donne une définition réutilisable par les autres et ne lui donne le même statut. Or nous avons aujourd’hui la possibilité de le conceptualiser de manière solide et acceptable, en en montrant la centralité pour comprendre l’histoire des sociétés.

Les rapports sociaux qui structurent les sociétés (rapport capital-travail, rapport étatique, rapport de genre, rapport marchand, rapport coopératif, rapport religieux, rapport domestique, rapport maître-esclave, etc.) régissent un nombre variable d’activités humaines variées dans le temps et l’espace, et sont donc indépendants de la nature de ces activités. Les distinctions économique, politique, idéologique, symbolique, couramment utilisées pour les catégoriser, sont inopérantes pour décrire leur logique de reproduction, qui implique indissolublement ses aspects si l’on veut à tout prix les y rechercher. Les rapports sociaux génèrent une réalité qui leur est propre et les catégories d’entendement qui vont avec. La domination d’un rapport social sur les autres se manifeste notamment par l’universalisation et la naturalisation de sa réalité et de ses catégorisations. Les rapports sociaux sont en fait des manières différentes de vivre ensemble. Leurs logiques de reproduction entrent en confrontation lors de leur extension à tout ou partie des activités humaines.

Ainsi redéfini, le concept de rapport social ouvre une voie nouvelle, possiblement commune, pour les sciences sociales. Il permet en effet de surmonter, de manière plus fructueuse que d’autres concepts, nombre d’oppositions classiques ou plus récentes qui font piétiner le débat scientifique. Il amène à relancer la recherche dans de nouvelles directions au-delà des frontières disciplinaires, comme : mettre en évidence les logiques de reproduction de tous les rapports sociaux, retracer l’histoire de leur confrontation et le champ des possibles qu’ils créent, caractériser chaque société comme une combinaison-confrontation particulière de rapports sociaux et ce faisant à en comprendre autrement la trajectoire et les crises, analyser les pratiques individuelles, leurs variations et leurs ambiguïtés à la lumière des logiques différentes, souvent contradictoires, des rapports sociaux dans lesquels chacun est impliqué, historiciser et renommer en autant de réalités différentes des objets d’étude classiques universalisés comme travail, technique, organisation, institution, salaire, monnaie, etc. au regard des différents rapports sociaux qui les ont régis, etc.

Le schéma d’analyse précédent est utilisé, à titre d’illustration, pour comprendre la confrontation du rapport capital-travail et du rapport État-employé public, et le rôle de cette confrontation dans l’actuelle crise et le désarroi de la gauche, notamment en France. Une voie de renversement possible du rapport de force est esquissée.

Plan

1. Il n’y a pas de nécessités vitales, mais des rapports sociaux qui transforment des constituants de la vie en conditions de la vie

2. Un rapport social implique indissolublement et inextricablement ce que sont pour nous aujourd’hui les dimensions économique, politique, sociologique, symbolique, etc. du social

3. Un rapport social est une manière de vivre ensemble, tout ou partie des activités humaines, qui permet d’avoir accès à ce que ce rapport a constitué en conditions de la vie physique et sociale, dans le lieu et durant le temps où il peut se reproduire comme rapport social

4. Le rapport capitaliste, le rapport étatique et les autres

5. La confrontation du rapport capitaliste et du rapport étatique exacerbée par la crise et la prolongeant

6. Le désarroi de la gauche. Une issue, parmi d’autres, qui mérite d’y réfléchir

Conclusion

Mots-clés

rapport social, oppositions conceptuelles en sciences sociales, interdisciplinarité, trajectoires nationales, pratiques individuelles, division intellectuelle du travail

Disciplines concernées

Anthropologie, Démographie, Économie, Géographie, Gestion, Histoire, Histoire des Sciences et des Techniques, Philosophie, Psychologie, Sciences cognitives, Science du politique, Sociologie, Statistique

Contexte d’écriture

Contribution
à l’évolution du questionnement personnel
à la production scientifique du réseau ou du laboratoire d’appartenance
au débat scientifique national et international
à la diffusion des résultats de la recherche
à la valorisation des résultats de la recherche

Références, commentaires, notes critiques
en cours de recension

compte-rendu
note critique
notice bibliographique
commentaire
quelques citations

Pertinence actuelle

Voir aussi

Freyssenet M., La division capitaliste du travail, Paris, Savelli, 1977 [1974]. Édition numérique, http://freyssenet.com/?q=node/349 .

Freyssenet M., « Le concept de rapport social peut-il fonder une autre conception de l'objectivité et une autre représentation du social? », in Freyssenet M. et Magri S. (dir.), Les rapports sociaux et leurs enjeux, CSU, Paris, tome 1, 1989, pp 9-23. Édition numérique, http://freyssenet.com/?q=node/124 .

Freyssenet M., « Le rapport capital-travail et l’économique », in Freyssenet M., Magri, S.(dir.), Les rapports sociaux et leurs enjeux, Paris, CSU, tome 2, 1990, pp 5-16. Édition numérique http://freyssenet.com/?q=node/126 .

Freyssenet M., « Processus et formes sociales d’automatisation. Le paradigme sociologique » Sociologie du Travail, n° 4/92, pp 469-496. Édition numérique, http://freyssenet.com/?q=node/375 .

Freyssenet M., « La production réflexive, une alternative à la production de masse et à la production au plus juste? » , Sociologie du Travail, n°3/1995, pp 365-388. Édition numérique: http://freyssenet.com/?q=node/456 .

Freyssenet M., « The intellectual division of labour: a stake in the current crisis? », Key note, 30th International Labour Process Conference, Stockholm, 27-29 March 2012. Digital publications: http://freyssenet.com/?q=node/1761 ; http://ilpc2012stockholm .

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Date de la mise en ligne de l’article

2015.05.16

Dates des mises à jour

2015.10.02

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