Process of workforce deskilling-overskilling. Elements for social nexus analysis

References

Freyssenet M., “Le processus de déqualification-surqualification de la force de travail” (Process of workforce deskilling-overskilling. Elements for a social nexus analysis), CSU, Paris, 1974, 247 p.

Freyssenet M., Qualification du travail : tendances et mises en question (Work skilling: trends and questionings), Paris, La Documentation française, 1975, 198 p. Deuxième édition écourtée et légèrement modifiée de Freyssenet M., “Le processus de déqualification-surqualification de la force de travail”, CSU, Paris, 1974, 247 p.

Freyssenet M., La division capitaliste du travail (The capitalist division of labour), Paris, Savelli, 1977, 221 p. Troisième édition augmentée d'un chapitre de Freyssenet M., “Le processus de déqualification-surqualification de la force de travail”, CSU, Paris, 1974, 247 p.

Ecrit initialement comme un rapport de recherche sans grand souci de style sous le titre complet de “Le processus de déqualification-surqualification de la force de travail. Éléments pour une problématique de l’évolution des rapports sociaux”, ce texte a néanmoins été repris en l’état, mais avec des titres différents, par deux éditeurs à leur demande, avec quelques modifications dans le cas de La Documentation Française, et avec un chapitre complémentaire dans le cas de Savelli.

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Pour son édition électronique, la couverture a été modifiée, la présentation homogénéisée et le style amélioré.

Abstract

La thèse centrale de l'ouvrage est qu'il n'y a pas eu depuis la fin du XVIIIème siècle un mouvement généralisé de déqualification ou un mouvement d'accroissement général de la qualification réelle nécessaire pour effectuer un travail donné, mais un mouvement contradictoire de déqualification du travail des uns par "surqualification" du travail des autres, c'est-à-dire une polarisation des qualifications réelles requises, résultant d'une forme particulière de division du travail consistant à modifier la répartition sociale de "l'intelligence" de la production. Une partie de cette "intelligence" est "incorporée" aux machines et l'autre partie est distribuée entre de nombreux travailleurs, grâce à l'activité d'un nombre restreint de personnes chargées de la tâche, pourtant impossible, de penser à l'avance la totalité du procès de travail et d'en maîtriser l'ensemble des paramètres.

Cette forme de division du travail est-elle universelle, voire naturelle ? Poser la question fait encore problème pour beaucoup de sociologues. C'est pourtant une banalité pour les ethnologues que de considérer les formes d'outils, leurs usages, la division du travail comme l'expression des sociétés dans lesquelles on les observe. J'ai essayé de développer et d'illustrer la thèse selon laquelle la séparation même du capital et du travail impliquait ce type de division du travail. Est-il pour autant spécifique à ce rapport social ? Ce dernier n'étant pas le seul rapport social existant dans une société donnée, on peut observer qu'il existe d'autres formes de division du travail et de développement technique correspondant à ces autres rapports.

La division de l’intelligence du travail a été le moyen pour tenter de gagner la maîtrise concrète de ce qui se passe dans la production. Inversement, pour un salarié, c'est-à-dire pour quelqu'un qui vit en vendant sa capacité de travail, l'importance de l'activité de réflexion, qu'il doit déployer pour assurer la tâche qui lui a été confiée, délimite, toutes choses égales par ailleurs, l'autonomie qu'il peut acquérir dans l'organisation du travail, le pouvoir qu'il peut exercer et le rapport de forces qu'il peut établir, la valeur marchande de sa capacité de travail, l'intérêt du travail, la maîtrise de son itinéraire professionnel et, partant, de son avenir personnel.

Une lutte incessante de désappropriation et de ré-appropriation se déroule. Sur une base technique donnée, les travailleurs reconquièrent une part de pouvoir, lorsqu'ils sont amenés à suppléer aux failles techniques, à substituer une logique de l'efficacité à la rationalité théorique de l'organisation du travail, à faire face aux aléas, à maîtriser les paramètres ignorés des concepteurs de machines et des préparateurs du travail. La forme sociale même de la conception et de la préparation crée cette possibilité de ré-appropriation partielle.

Il semble que le rapport de force qui se crée ainsi sur le terrain immédiat de la production, lorsqu'une base technique est relativement stabilisée, soit le point d'ancrage de luttes plus vastes, qui remettent en cause l'organisation du travail et aboutissent, par différentes voies, à la rigidification des conditions d'emploi, de rémunération et de travail. Les "crises" du procès de travail qui en résultent paraissent être liées, voire être à la source des crises périodiques d'accumulation. Elles impliquent, de toute façon, pour être surmontées du point de vue du capital, une élévation rapide de la productivité qui, pour ne pas remettre en cause le rapport du capital au travail, se fait par la centralisation accrue de l'intelligence de la production, notamment par un changement des techniques productives. Ce type de division du travail nécessite plusieurs conditions: notamment pouvoir centraliser le capital suffisant (restructuration, fusion, absorption, élimination) et faire admettre la nouvelle organisation du travail, conditions qui ne peuvent être réunies sans de nouveaux conflits.

L'ouvrage reprend la typologie et la périodisation de Marx en trois stades (coopération, manufacture, machinisme) comme outils d'analyse de situations passées et présentes, et tente de montrer que l'automatisation peut être traitée comme un quatrième stade. L'effort a consisté à expliciter l'état de la maîtrise respective du procès de travail par les travailleurs et par ceux qui les emploient, à chacun de ces stades, et partant à caractériser le rapport capital-travail qui leur correspond.

La mise en coopération des travailleurs sous l'autorité du capital concentre du côté de ces derniers les décisions sur les biens à produire, sur la quantité, la qualité et les délais. Les travailleurs conservent la maîtrise du procès de travail dans son ensemble, et demeurent des travailleurs "complets", mais ne maîtrisent pas le procès de production de la valeur.

Avec la manufacture, les détenteurs du capital tentent d'imposer une norme de production, réduisant l’incertitude que représente les salariés, en les spécialisant dans une partie seulement du procès de travail, et en concentrant sur certains d’entre eux d'une part la partie délicate du travail qui consiste à contrôler, retoucher, ajuster et monter les éléments formant le produit fini, et d'autre part l'organisation et la surveillance des phases successives de la production. À la juxtaposition et la coopération de travailleurs "complets" se substituent des travailleurs de "métier" coordonnés et surveillés par un ancien travailleur "complet".

Le machinisme, forme historique de mise en oeuvre du principe mécanique dans nos sociétés, n'a pas été principalement le remplacement de la force humaine par une force artificielle, comme se le demandait Paul Mantoux dans sa "Révolution industrielle au XVIIIème siècle en Angleterre", mais a été le remplacement du déploiement quotidien de l'intelligence du geste productif par la matérialisation d'une partie de cette intelligence dans des machines mouvant mécaniquement des outils, grâce au travail d'un nombre restreint de concepteurs. Par cette forme sociale de développement des forces productives, il devient possible d'affecter uniquement et durablement la grande masse des travailleurs à la conduite des machines, et donc de faire pénétrer la norme de production capitaliste (temps, coût, délais, qualité) au sein de chaque partie du procès de travail et de chaque tâche. Après une première phase pendant laquelle un petit nombre de travailleurs de métier sont encore nécessaires à la fabrication pour finir les pièces ébauchées sur machines par des "professionnels" et transportées par des manoeuvres, apparaît une deuxième phase au cours de laquelle l'analyse du travail ouvrier permet d'identifier les paramètres, indispensables à maîtriser, pour concevoir et fabriquer des machines qui rendent inutiles le travail de finition et dont la conduite est simplifiée, et durant laquelle la mécanisation des manutentions permet de se dispenser des manoeuvres. Se multiplient alors les catégories correspondant à une polarisation des qualifications requises: ouvriers spécialisés, régleurs, ouvriers d'entretien mécanique et électrique, outilleurs, dessinateurs, techniciens et ingénieurs d'études et de méthode spécialisés, etc. Bien que souvent un mode opératoire soit imposé à l'OS, il doit encore découvrir et maîtriser certains paramètres qui ont échappé aux concepteurs et préparateurs du travail.

Si l'automatisation supprime de nombreuses tâches répétitives, dangereuses et épuisantes, et accroît considérablement la productivité, le mode capitaliste de sa conception aboutit à enlever à l'opérateur la maîtrise des paramètres perturbateurs grâce à la mise au point de modèles de conduite, de réglage et de régulation, et le réduit ainsi à une situation de surveillance médiatisée d'un processus, dont il n'a plus de perception directe, et d'intervention, limitée à des opérations précises de sauvegarde. A ce stade, où les OS deviennent inutiles avec sa généralisation, se reproduit un mouvement, déjà observé aux stades précédents et essentiel au processus de déqualification-surqualification, à savoir la déqualification de certaines tâches "surqualifiées" nées précédemment de la déqualification-surqualification du travail antérieur. Il en est ainsi, en particulier, du travail d'entretien, du travail de fabrication des machines-outils. La disparition des catégories de travailleurs effectuant des tâches ne requérant pas ou peu de qualification, tels que les manoeuvres ou les OS, ne veut pas dire la fin de la déqualification-surqualification. Enfin, ce type de division du travail s'impose dans des situations de travail qui ne relèvent pas du rapport capital-travail (administration d'Etat, petite production familiale, etc.) mais qui lui deviennent dépendantes avec son extension.

Il restait cependant à expliquer pourquoi le processus que je décrivais était aussi manifestement en contradiction avec toutes les données statistiques disponibles sur l'évolution des qualifications. Je montrai que cette contradiction résultait des modalités sociales d'élaboration des "qualifications officielles", d'un phénomène de "glissement hiérarchique" et d'une fréquente erreur d'unité de référence. Les "qualifications officielles" sont le résultat d'un rapport de force dont les enjeux sont d'abord la segmentation de la main-d'oeuvre, les rémunérations, et la concrétisation de l'autorité, et n'expliquent que d'une manière "déplacée" la qualification réellement requise. Le "glissement hiérarchique" vers le haut, à contenu identique voire appauvri du travail, est un phénomène constant qui est le moyen pour les travailleurs de monnayer les changements dans l'organisation du travail, voire leur déqualification et pour les employeurs de les faire admettre. Enfin la délimitation qui est souvent faite pour analyser statistiquement l'évolution de la répartition des travailleurs par "classification" (ateliers, entreprise, branche) cache le mouvement réel de la qualification, étant donné le report d'activités "déqualifiées" ou "surqualifiées" hors de l'unité choisie.

Les stades de la division du travail recouvrent des périodes historiques, mais ils ne se succèdent pas au même rythme et dans les mêmes conditions d'une entreprise à une autre, d'un pays à un autre, compte tenu de la capacité respective des partenaires à s'imposer. Des stades peuvent être sautés. Dans certains secteurs, la division de l’intelligence du travail ne fait que commencer. Dans certaines conditions sociales, un stade peut durablement se perpétuer. Parce qu'il s'agit d'une lutte pour le pouvoir concret dans la production, le passage d'un stade à un autre ne s'effectue pas automatiquement et n'a rien d'inéluctable.

Dans cette problématique, le rapport capital-travail n'est donc pas un rapport économique régi par les lois du même nom qui s'imposeraient aux acteurs. C'est un rapport social avec une histoire qui n'est pas écrite à l'avance, prenant des formes différentes suivant les résultats de la lutte pour le contrôle de la production dans la phase précédente et organisant les conditions de la lutte de la phase suivante, et se traduisant par des mouvements et des recompositions successives du capital d'un côté, de la main-d'oeuvre de l'autre. L'historicité et la capacité d'action sont au coeur de ce rapport.

Mais à travers la division du travail, ce rapport, qui n'est pas le seul rapport social existant dans une société, se matérialise dans un type de techniques productives, dans des espaces, des aptitudes et des inaptitudes des individus et qui apparaissent comme le cadre "naturel" et "universel" de tous les rapports sociaux. Ne serait-ce que par sa matérialité, il n'est pas modifiable à loisir et tend à imposer sa reproduction.

Le marché du travail se segmente de manière différente, à chaque étape de la division du travail et selon les conditions historiques dans lesquelles cette étape s'est généralisée. En effet, avec le passage d'un stade à un autre, les catégories de main-d'oeuvre existantes sont "disqualifiées" ou refoulées dans des secteurs où la division du travail peut se stabiliser plus longtemps, et sont remplacées par de nouvelles catégories. Ce sont ces mouvements de substitution et de différenciation qui créent un premier niveau de segmentation du marché du travail. Les conditions sociales dans lesquelles ils s'opèrent créent ensuite un deuxième niveau de segmentation par l'instrumentalisation et la naturalisation de statuts sociaux , qui permettent de mobiliser les personnes qui en relèvent dans des conditions particulières. Enfin, la division spatiale du procès de travail crée un troisième niveau de segmentation.

L'analyse de l'évolution régionale de l'emploi par qualification et d'autre part de l'extension décentralisée des entreprises de construction automobile, électrique et électronique, montrait que la décentralisation, sensible depuis la guerre, n'avait pas consisté en la création en province d'établissements avec la diversité des fonctions et des qualifications observables, notamment dans l'agglomération parisienne, mais avait été le report hors de celle-ci des parties du procès de travail requérant de la main-d'oeuvre peu qualifiée. J'avançai alors l'idée que c'est à partir du moment où tout ou partie de certaines productions a pu être réalisée par cette catégorie de main-d'oeuvre que l'industrialisation de régions rurales a été non seulement possible mais également nécessaire pour faciliter socialement le passage au nouveau mode de produire.

Enfin, L'ouvrage souligne le développement depuis les années 60 d'une contradiction, qui n'allait que s'amplifier par la suite, entre la généralisation et l'élévation du niveau scolaire des jeunes et la baisse des qualifications requises, que traduisait la diminution sensible, entre 1954, 1962 et 1968 du pourcentage de jeunes de 15 à 24 ans ayant le niveau d'emploi correspondant à leur diplôme le plus élevé.

Content

Avant-propos
Introduction
1. La thèse dominante, en France, jusque vers les années 1966-1967, sur l'évolution du travail
2. La contribution de la présente étude à ce débat
3. Bref rappel de la théorie de la valorisation du capital par le travail
Annexe: liste des principales grèves ouvrières contre les formes les plus modernes d'organisation du travail

1ère partie. Mise en évidence du processus de "déqualification-surqualification" de la force de travail
1. La division du travail, dans le mode de production capitaliste, s'effectue par la séparation croissante de la partie manuelle et de la partie intellectuelle du travail
1.1. Ce que nous voulons montrer dans ce chapitre
1.2. On peut distinguer à l'heure actuelle, quatre stades dans la division du travail
1.3. C'est le mode capitaliste de rassemblement des travailleurs qui donne naissance à la séparation de la partie manuelle et de la partie intellectuelle du travail
1.3.1. Le principe coopératif
1.3.2. La mise en oeuvre capitaliste du principe coopératif
1.3.3. Les deux processus de mise en oeuvre capitaliste du principe coopératif
1.4. Après avoir perdu la maîtrise du procès de production au satde de la coopération, le travailleur perd, au stade de la manufacture, la maîtrise du procès du travail, au profit du détenteur du capital ou de son représentant qui se charge de l'étudier, de le décomposer et de le réorganiser
1.4.1. Le principe de spécialisation
1.4.2. La mise en oeuvre capitaliste du principe de spécialisation
1.4.3. Quelles sont les conditions que le capital doit remplir pour organiser le travail sur le mode manufacturier?
1.4.4. Illustration de l'organisation du travail au stade de la manufacture: l'industrie horlogère
1.5. Le mode capitaliste de mise en oeuvre du principe mécanique matérialise, dans les machines elles-mêmes, la séparation de la partie intellectuelle et de la partie manuelle du travail
1.5.1. Le principe mécanique
1.5.2. La mise en oeuvre capitaliste du principe mécanique: le machinisme
1.5.3. La déqualification du travail ouvrier au stade du machinisme: perte de la maîtrise du travail lui-même
1.5.4. La "surqualification" d'un petit nombre de travailleurs
1.5.5. L'évolution d'ensemble
1.6. La mise en oeuvre capitaliste du principe automatique va enlever au travailleur la petite parcelle d'activité intellectuelle qui lui restait et réduire son travail à une tâche de surveillance purement réflexe
1.6.1. Le principe automatique
1.6.2. La mise en oeuvre capitaliste de l'automatisation
1.6.3. La déqualification au stade de l'automatisation
1.6.4. La parcelle d'activité intellectuelle de l'ouvrier déqualifié avant l'automatisation généralisée
1.6.5. L'automatisation rapide et généralisée par l'utilisation des "techniques informatiques". De la commande numérique "classique" à la commande numérique intégrée dans un système informatique
1.6.6. La "surqualification" au stade de l'automatisation
1.6.7. La concentration de l'activité intellectuelle se fait au rythme de la centralisation du capital
1.7. La dépossession du travailleur
2. Les nouvelles catégories de travailleurs surqualifiés connaissent à leur tour un processus de "déqualification-surqualification"
2.1. Société sans ouvrier? Nouvelle classe ouvrière?
2.2. La déqualification des ouvriers d'entretien
2.3. La déqualification des travailleurs de l'informatique
2.4. La division du travail de conception et de mise au point
2.5. L'automatisation généralisée ne supprime pas le travail déqualifié
3. La division croissante de la partie manuelle et de la partie intellectuelle du travail s'étend aux travailleurs improductifs
3.1. Les travaux improductifs
3.2. Pourquoi la division capitaliste du travail s'étend aux travailleurs improductifs
3.3. Le mouvement de "déqualification-surqualification" du travail de comptabilité
3.3.1. Au départ, le comptable a une activité très variée requérant des connaissance diverses et un esprit d'initiative
3.3.2. L'introduction des machines de bureau, en élevant sensiblement la productivité du travail de comptabilité, va créer des coupures entre ces catégories spécialisées, qui ne cessent de s'approfondir
3.3.3. L'automatisation de la gestion des entreprises
3. 4. La déqualification du travail d'enregistrement des commandes dans une société de vente par correspondance et dans une compagnie de téléphone
3.5. Les conséquences du rapprochement des conditions de travail des travailleurs productifs et improductifs
4. Le passage d'un stade à un autre de la division du travail est un moment décisif de la lutte des classes
4.1. Lorsqu'un stade de la division du travail s'est imposé, on assiste à plusieurs processus, povuant se produire simultanément ou seulement certains d'entre eux
4.1.1. Une tendance à l'augmentation réelle des salaires
4.1.2. Une "rigidification" des conditions d'emploi et de travail imposée par le mouvement ouvrier
4.1.3. Une baisse du taux de profit, malgré l'augmentation de sa masse, due à l'élévation de la composition organique du capital
4.2. Le passage d'une phase à une autre de la division du travail est pour le capital une opération très difficile
4.3. Aussi avant de s'engager dans le passage à un stade supérieur de division du travail, le capital utilise des palliatifs pour contrecarrer pendant un temps la baisse des taux de profit
4.4. Ces mesures ne sont que des palliatifs. Elles peuvent redresser momentanément le taux de profit. Elles ne permettent pas de jeter les bases d'une nouvelle expansion de l'accumulation.
5. Quel sens donner aux statistiques de qualification et comment les utiliser?
5.1. Qu'est-ce qu'un travail qualifié?
5.2. La qualification officielle est l'expression à un moment donné du rapport de force entre le capital et le travail
5.3. La "qualification" attribuée à un poste de travail est supérieure à la qualification qu'il devrait avoir relativement à d'autres postes de travail et compte tenu de la gamme des qualifications officielles
5.3.1. La "qualification" comme prime à la "responsabilité"
5.3.2. La "qualification" comme prime à la cadence
5.3.3. La "qualification" comme prime anti-grève
5.3.4. La "qualification" comme prime à la paix sociale
5.4. La "qualification" attribuée à un poste de travail est inférieure à la qualification qu'il devrait avoir relativement à d'autres postes de travail et compte tenu de la gamme des qualifications officielles
5.4.1. Le travail de manoeuvre plus qualifié que le travail d'OS
5.4.2. Les discriminations de "qualification"
5.5. Le travail dans une entreprise (une branche, une région, un pays...) peut apparaître plus qualifié qu'il n'est en réalité, parce que le travail déqualifié qui lui correspond est localisé ailleurs
5.5.1. le travail déqualifié est reporté dans des entreprises sous-traitantes ou dans d'autres branches d'activité
5.5.2. Le travail déqualifié est reporté dans des pays à main d'oeuvre peu coûteuse

2ème Partie. Le processus de "déqualification-surqualification" de la force de travail et marché du travail
1. Introduction
2. L'évolution du marché de l'emploi et des types de main d'oeuvre
2.1. Les deux conséquences sur l'emploi du processus de "déqualification-surqualification" du travail
2.2. Suppression et création d'emplois
2.2.1. Ce que nous voulons montrer
2.2.2. Si la masse de capital reste la même le machinisme ou l'automatisation supprime purement et simplement des emplois
2.2.3. Si la masse de capital en fonctionnement augmente, le machinisme ou l'automatisation entraîne aussi, le plus souvent, des suppressions d'emplois
2.2.4. La "modernisation" de certaines entreprises ou branches d'activités provoque des suppressions d'emplois dans d'autres entreprises, voire même dans d'autres branches. de deux manières
2.2.5. Mais dans le même temps, l'élévation de la composition organique du capital dans certaines entreprises provoque dans d'autres branches la création d'emplois.
2.2.6. Comment le capital et l'Etat peuvent gérer la contradiction?
2.3. La répartition des travailleurs entre emplois surqualifiés et emplois déqualifiés
2.3.1. Comment opérer cette répartition sans déqualifier en apparence les travailleurs qualifiés
2.3.2. Le travail déqualifié est l'appel à de nouvelles catégories de main d'oeuvre
3. L'évolution de la division spatiale du travail
3.1. De nouvelles tendances de localisation des emplois
3.2. Comment s'explique la modification de la localisation du capital
3.3. C'est à partir du moment où tout ou partie de certaines productions a pu être réalisé par de la main d'oeuvre sans qualification, que l'industrialisation de régions rurales a été non seulement possible, mais nécessaire pour assurer au capital au moins le maintien de son taux de profit
3.4. L'exemple de la Régie Nationale des Usines Renault
3.5. L'exemple de l'usine du Joint-Français à Saint-Brieuc
3.6. L'exemple du Sud des Etats-Unis
3.7. La nouvelle phase de l'impérialisme
3.7.1. Les études sur l'impérialisme
3.7.2. "L'industrialisation" du Sud-Est Asiatique
3.7.3. La Tunisie, l'Egypte, le Sénégal... se lancent dans la course
3.7.4. ...et même des pays d'Europe (Irlande, Portugal...)
3.7.5. Conclusions
3.8. Les conséquences de la nouvelle phase de l'aménagement capitaliste de l'espace
4. La contradiction entre l'évolution de la division capitaliste du travail et la formation de la force de travail
4.1. La promotion sociale en échec
4.2. L'efficacité sociale des diplômes
4.2.1. Une étude statistique pour montrer le développement d'une contradiction entre prolongation de la scolarité et élévation du niveau scolaire d'une part, et baisse de l'efficacité des diplômes pour obtenit le type ou le niveau d'emploi correspondant
4.2.2. La prolongation de la scolarité et l'élévation du niveau scolaire
4.2.3. Si le détenteur d'un diplôme a plus de chance qu'un non diplômé d'obtenir un poste de travail qualifié, cette probabilité diminue constamment depuis dix ans
4.3. La crise du contenu de l'enseignement
4.4. La fonction de la formation professionnelle continue
4.5. Comment l'Etat et le capital peuvent gérer la contradiction entre déqualification du travail et l'élévation du niveau scolaire

Conclusion

Annexe statistique

Keywords

Labour, division of work, intellectual division of labour, work content, work organisation, work conditions, classification, qualification, competency, know-how, employment, work industrial relations, social conflicts, professional categorizations, social relationships, capital-labour relationships

Concerned disciplines

Economics, Ergonomics, Management, Geography, History, History of Sciences and Technologies, Engineering, Cognitive sciences, Political Science, Sociology.

Writing context

Contribution
to personal questioning
to scientific reflexion of research laboratory or network
to national and international scientific debate
to diffusion of scientific results
to implementation of scientific results

References, commentaries, critics

under review

report
- Revue économique, Alain Desrosières, Année 1979, Volume 30, Numéro 4, pp. 747-749.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reco_0035-2764_1979_num_30_4_408483_t1_0747_0000_000
- Revue d'économie industrielle, Robert Zarader , Dominique Meyer, Année 1980, Volume 13, Numéro 13, pp. 106.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rei_0154-3229_1980_num_13_1_1990?

critival note

bibliographic record
- Population, Année 1975, Volume 30, Numéro 4, p. 954
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1975_num_30_4_18668
- Revue française de sociologie, Année 1976, Volume 17, Numéro 1, pp. 140
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1976_num_17_1_6888
- Revue française de science politique, Année 1978, Volume 28, Numéro 6, p. 1124.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1978_num_28_6_393819
- Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, Année 1978, Volume 33, Numéro 1, p. 3
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comments
- Réseaux , Pierre Veltz, Année 1986, Volume 4, Numéro 18, pp. 65-84.
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- Bureau S., "De l’émergence à la rationalisation d’un métier : professionnaliser ou tayloriser ? Le cas des webmestres de l’intranet de France Télécom", DEA Sciences de Gestion "Management & Stratégie" de l’Université Paris Val de Marne et de l’Ecole Centrale Paris, 2003, p. 120.
- Economie et Sociétés, Benghozi Pierre-Jean, Bureau Sylvain, "Professionnalisation des nouveaux métiers liés aux TIC : le cas des webmestres intranet de France Télécom", série Socio-Economie du Travail, 2005, Vol. 25, N° 4, pp. 775-802. http://crg.polytechnique.fr/home/bureau/FR/4
- The Academy of Management Review, Paul S. Adler, Vol. 11, No. 1 (Jan., 1986), pp. 222-225, doi:10.2307/258346.
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some quotes
- Economie et statistique, Laurent Thévenot, Année 1976, Volume 81, Numéro 1, pp. 27-43
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- L'Homme, Marie-Noëlle Chamoux, "Les Savoir-faire techniques et leur appropriation : le cas des Nahuas du Mexique", Année 1981, Volume 21, Numéro 3, p. 71 - 94. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hom_0439-4216_1981_num_21_3_368206
- Revue économique, Alain Lipietz, Année 1982, Volume 33, Numéro 2, p.206
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- Revue économique, Jean-Louis Cayatte, "Travail simple et travail complexe chez Marx", Année 1984, Volume 35, Numéro 2, p. 231, http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reco_0035-2764_1984_num_35_2_408777
- Herramienta, Adolfo Gilly y Rhina Roux, "Capitales, tecnologías y mundos de la vida. El despojo de los cuatro elementos". http://www.herramienta.com.ar/foro-capitalismo-en-trance/capitales-tecnologias-y-mundos-de-la-vida-el-despojo-de-los-cuatro-elemen
- Politix, Christian Topalov, Année 1992, Volume 5, Numéro 20, pp. 196, 198, 199.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polix_0295-2319_1992_num_5_20_1563

bibliographical references

Curent relevance

See also

✔ Freyssenet M., "La division intellectuelle du travail de laminage de l’acier", communication au Deuxième Séminaire international "Crisis, nuevas technologias y processo de trabajo", UNAM, Mexico, 20-31 juillet 1981, 18 p. Édition numérique, freyssenet.com, 2006, 120k.

✔ Freyssenet M., “Division matérialisée et division organisationnelle du travail: le cas du travail d’aiguillage, de signalisation et de régulation dans les chemins de fer”, in Ministère des Transports, Ministère de la Recherche et de l'Industrie, Ministère de la Mer, Travailleurs du transport et changements technologiques, Paris, Imprimerie Nationale, 1983, pp 161-176. Édition numérique, freyssenet.com, 2006, 200 Ko.

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✔ Freyssenet M., “La requalification des opérateurs et la forme sociale actuelle d’automatisation”, Sociologie du travail, 4/1984. pp 422-433. Édition numérique : freyssenet.com, 2007, 1,1 Ko.

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✔ Freyssenet M., The automation process and its social forms: the sociological paradigm, Communication at the SASE Congress (Society for the Advancement of Socio-Economics) Paris, 15-16 Juillet 1994. English version of: Freyssenet M., “Processus et formes sociales d’automatisation. Le paradigme sociologique”, Sociologie du Travail, n° 4/92, pp 469-496. Digital publication, freyssenet.com, 2007, 428 Ko.

✔ Freyssenet M., “La production réflexive, une alternative à la production de masse et à la production au plus juste?”, Sociologie du Travail, n°3/1995, pp 365-388. Édition numérique, freyssenet.com, 2007, 320 ko, ISSN 1776-0941. Version modifiée et augmentée en anglais : Freyssenet M., “Reflective production: an alternative to mass-production and lean production?”, Economic and Industrial Democracy, vol. 19, n°1, february 1998, pp 91-117. Digital publication, freyssenet.com , 2006, 280 Ko, ISSN 7116-0941.

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